<i>"The Name of Our Country is América" - Simon Bolivar</i> The Narco News Bulletin<br><small>Reporting on the War on Drugs and Democracy from Latin America
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Narco News Issue #40

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Du mythe des géants endormis


Par Aura Bogado
ZNet

21 avril 2006

« La démocratie n’est pas quelque chose que tu mets de côté pendant 10 ans et ensuite réveilles à la 11ème année et te mets à exercer à nouveau ».

Chinua Achebe

En mars et avril 1966, César Chavez et un groupe de grévistes de l’Association Nationale des ouvriers agricoles marchèrent 544 km de Delano, California à Sacramento pour accroître la conscience du combat mené par les travailleurs. Le pèlerinage et le boycott qui suivirent imposèrent le premier contrat syndical dans l’histoire de la nation entre des ouvriers agricoles et un cultivateur.

Exactement 40 ans après, Nelson Motto et une douzaine de ses compagnons participaient à la Marche pour la Paix et la Dignité en traversant les États-unis en courant, commençant le 4 mars, faisant halte dans les centres de travail journalier de toute la nation et espérant atteindre New York la seconde semaine de mai. Motto qui travaille avec l’Institut d’Education Populaire de Californie du Sud, décida de participer à la course avec comme sponsor le Réseau National des Travailleurs Journaliers pour une myriade de raisons, dont la loi parlementaire anti-immigrant. Tandis qu’il est impossible de deviner ce que finira par décider le Congrès, il est sûr que cette course de 12 personnes – ainsi que la marche de millions de gens -a déjà fait son effet.

Et bien qu’« experts », politiciens et médias de gauche, de droite et du centre voudraient tous nous faire croire qu’en sponsorisant HR4437, un homme du nom de Sensenbrenner a réveillé un géant endormi , il suffit d’un simple coup d’oeil sur des décades d’organisation des droits des immigrants pour découvrir la vérité : le 25 mars 2006 et les semaines de marche, de vigile et d’abandon d’écoles qui suivirent illustrent une communauté déjà profondément connectée – et non pas une communauté qui se serait en quelque sorte réveillée d’un jour à l’autre. Au lieu d’un géant endormi qu’on réveille, il y a de fortes chances, pour commencer, que cette gigantesque force de travail des immigrants n’a jamais eu le temps de s’endormir. La communauté des immigrants était trop occupée à exécuter ses deux ou trois tours de travail, à ramasser les récoltes, entretenir les jardins, laver la vaisselle, construire des habitations et à garder les enfants des autres pour dormir. Lorsqu’elle ne travaille pas pour autrui, c’est la lutte pour survivre qui se convertit en un effort de tous les jours : si tu as tes papiers, compte le nombre de fois par jour que tu utilises ta carte d’identité nationale pour effectuer des transactions – depuis toucher un chèque jusqu’à conduire une voiture, inscrire tes enfants à l’école – et tu commenceras à apprécier les avantages d’être une personne avec des papiers dans ce système de ségrégation. Pendant des années, des immigrants sans-papiers et leurs défenseurs ont formé des réseaux complexes et créatifs pour pouvoir résister dans ce pays qui, à la fois, profite de leur travail, l’exploite et le criminalise. C’est ce vaste réseau qui descend dans la rue. Les générations plus jeunes, qui ne dormaient pas non plus, ont également utilisé les réseaux à leur disposition (informatiques compris) et profitent de l’occasion pour se faire entendre aussi.

Alors qui était en train de dormir en fait?

Il y une douzaine d’années, les électeurs de Californie s’apprêtait à voter la proposition 187 qui donnait le mandat à la police locale pour qu’elle renseigne ce qu’était alors le service d’immigration et de naturalisation sur les personnes suspectées de violation de la loi d’immigration ; elle stipulait aussi qu’aucun immigrant sans-papiers n’aurait le droit aux prestations publiques– éducations primaire, élémentaire et secondaire comprises. Environ 100 000 défenseurs des droits des immigrants sont descendus dans la rue pour protester contre cette mesure et les lycéens de tout l’état sortirent de leurs classes.

La proposition 187 fut approuvée par presque 60% des électeurs. Mais avant que le gouverneur de l’époque Pete Wilson n’arrive à la signer, elle fut contestée par les tribunaux.. En 1998, un tribunal du district des USA jugea presque tous les articles de la loi anticonstitutionnels et outrepassant l’autorité de l’état. La même année, le gouverneur de l’époque Gray Davis décida de ne pas faire appel contre la décision du tribunal. Peut-être que le bruit de la manifestation des 100 000 personnes contre la proposition avait laissé un écho dans ses oreilles.

A présent ces mêmes étudiants qui sortirent de classes en 1994 ont créé des coalitions et des bases de soutien pour les étudiants qui font des « walk out » aujourd’hui. A présent ces mêmes manifestants qui déferlaient dans les rues de Los Angeles il y a 12 ans ont enrôlé quelques amis au fil du temps et se sont présentés 10 fois plus nombreux le 25 mars.

Ça ne m’a pas l’air d’un géant endormi.

Plus récemment encore, des militants en Californie du sud, notamment dans l’Orange County, ont affronté en premières lignes les milices anti-immigrants Minutemen et leurs supporters ; Cela fait presque un an que Teresa Dang était écrasée par la voiture de Hal Netkin., alors qu’elle protestait contre le discours que tenait dans Garden Grove le fondateur du Projet Minutemen, Jim Gilchrist, Netkin n’a jamais été poursuivi mais la maison de Dang a été saccagée et on l’accusa d’avoir volé une lampe torche de police. Dang fut déclarée innocente mais la coercition du département de police et la décision du procureur de district d’inculper Dang sur des preuves douteuses sont considérées comme une forme d’intimidation des futurs manifestants.

Dans la Costa Mesa, il y a quelques mois, Coyotl Tezcatlipoca était tabassé et arrêté par des policiers qui l’évacuaient par la force d’une réunion du conseil municipale en pleine allocution au Conseil et au maire qui avait proposé l’application de la loi fédérale d’immigration par la police locale. Résultat, il y a un mois à peine, le ACLU (American Civil Liberties Union) déposa une plainte contre la ville de Costa Mesa pour violation des droits de Tezcatlipoca d’après le premier amendement.

Je me demander toujours qui était vraiment en train de dormir ?

Les liens entre la politique extérieure des USA et la continuité de l’organisation des droits des immigrants semblent de même évidents : les zapatistes, le sous-commandant Marcos compris voyagent dans le Mexique et écoutent dans tout le pays les émigrés affectés par la politique du libre échange qui les a obligés à passer de l’autre côté de la frontière pour trouver du travail ; et dans les communautés à travers les USA, l’Autre Campagne a amené les immigrants récents à se rendre compte de la valeur de leur propres voix dans le discours public. Des immigrants latino-américains de ce côté de la frontière lisent au sujet des luttes constantes et des victoires remportées contre l’impérialisme dans tout l’Amérique Latine – exemples de ce qui peut se réaliser avec du travail pour les rêves collectifs.

Localement, nationalement et trans-nationalement, le géant était trop actif pour dormir : des lobbys publics ont oeuvré pour faire en sorte que les états accordent des permis de conduire aux immigrants sans-papiers ; Les travailleurs immigrants et leurs défenseurs ont organisé des sittings qui ont duré des semaines pour exiger le respect des droits de l’homme ; des immigrants récents ont été à l’avant-garde des mouvements ouvriers comme Justice for janitors (justice pour les concierges), des groupes comme le Centre des ouvriers du textile continue le combat contre les sweatshops (boutiques de sweet-shirts) ; des douzaines de centres pour le travail journalier se sont ouverts dans tout le pays pour garantir des conditions de travail justes pour les ouvriers ; des étudiants émigrés ont aidé pendant des semaines en exhortant le Congrès à l’approbation du DREAM act (la loi REVE) ; après le succès de la Coalition des ouvriers d’Immokalee contre Taco Bell, l’Alliance des Etudiants et Ouvriers Agricoles se développe à mesure que de plus en plus de jeunes adhèrent au nouveau boycott national contre Mcdonalds’s ; des groupes féministes des côtés de la frontière continuent à exiger la justice pour les femmes de Juarez ; et dans les centres culturels de tout le pays, chicanos et émigrés récents ont initié un dialogue très sérieux tandis que s’approche des villes frontières de Juarez et Tijuana l’Autre Campagne zapatiste pour se joindre à eux et connaître leur situation.

Parfois le combat se déroule en silence ; parfois il éclate dans les rues ; c’est une succession de succès relatifs et d’échecs relatifs – mais il ne s’est jamais endormi.

Quand j’étais une enfant sans papier, récemment arrivée dans ce pays, que je commençais à apprendre à parler, à lire et à écrire dans cette nouvelle langue, j’ai connu Rosa Parks. C’est-à-dire j’ai cru que je connaissais Rosa Parks – comment un jour la loi peut changer parce qu’une femme afro-américaine un jour était trop lasse pour monter à l’arrière du bus. Plus d’une dizaine d’années ont passé avant que j’apprenne la vraie histoire : que plusieurs personnes avant elle avaient refusé d’aller à l’arrière du bus; que Parks s’allia au NACCP 11 ans avant cet incident scandaleux ; qu’elle allait à l’Ecole Highlander juste quelques mois avant ; et (le plus important) qu’elle avait le soutien d’une communauté massive et interconnectée avec une histoire profondément enracinée. Plus j’y pense, plus ça m’a l’air familier.

La communauté d’immigrants n’a pas du tout été en train de dormir – ce serait plutôt les « experts », les politiciens et les médias (et ceux qui y font tellement attention) qui ont été réveillés par le fait que de grandes portions des États-unis sont formées d’immigrants qui se mobiliseront s’ils sont menacés.

Espérons que l’histoire dise vrai cette fois.

Aura Bogado est productrice de KPFK Radio du Pacifique à Los Angeles et est présentatrice de « Free Speech Radio News » (Informations Radio Libre), une émission quotidienne indépendante d’une demi-heure. Son adresse email est : abogado@kpfk.org

Traduction : Claudine Madelon

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