<i>"The Name of Our Country is América" - Simon Bolivar</i> The Narco News Bulletin<br><small>Reporting on the War on Drugs and Democracy from Latin America
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Narco News Issue #42

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Les zapatistes et La Otra: les piétons de l’histoire. V

Cinquième Partie: L’heure des définitions ?


Par Sous-commandant Insurgé Marcos
L’Autre Mexique

14 octobre 2006

Dans ce coeur collectif que nous sommes, nous, Zapatistes, ne savons pas exactement comment est arrivé jusqu’à vous notre parole de la Sixième Commission. Ce que nous savons, c’est que de l’endroit ou vous vivez, avec votre propre histoire et dans votre propre lutte, vous avez répondu « oui » à l’invitation d’adhérer à la Sexta et à ce qu’après nous appellerons l’ Autre Campagne. C’est dans le cœur de chacun qui parfois est individuel, parfois collectif, comme peuple indien, comme organisation politique ou sociale, comme ONG, comme collectif, comme groupe, comme individu, que nous avons décidé de faire ce pas qui n’est plus seulement zapatiste mais au contraire qui appartient à beaucoup, à tous ceux que nous sommes.

Pendant cette année qui s’écoula à partir de l’assemblée plénière du Caracole de La Garrucha (le 16 septembre 2005) jusqu’à ces derniers jours agités, nous avons vu que certains s’en vont, d’autres restent, d’autres encore s’approchent, certains travaillent, tandis que d’autres ne font que « des esclandres » et obstaculiser le passage, que certains – les plus nombreux – ont fait leur ce projet. Ces va-et-vient ont non seulement causé « du bruit » à l’intérieur de La Otra, mais aussi ont brouillé encore plus son visage, sa paroles, son chemin.

Comme Zapatistes, nous pensons que cette année passée a bien servi à nous connaître et également à savoir qui s’étaient approchés seulement pour en profiter politiquement, parfois pour essayer de capitaliser un soi-disant impact « médiatique » du EZLN, parfois par tentative d’hégémonie à l’encontre de la Otra, parfois pour la conduire à une politique d’alliances à leur profit, parfois pour voir de quoi il s’agissait et après partir voir ailleurs, parfois pour essayer d’homogénéiser le mouvement selon leurs idées.
Nous pensons que ceci est arrivé non seulement à cause de nos erreurs (dont nous avons signalé et reconnu certaines d’entre elles en plus de celles que vous ajouterez) mais aussi parce que La Otra manque d’une bonne dose de définition.

Ce qui était une vertu au départ, parce qu’elle était arrivée à convoquer une large gamme des meilleurs mouvement anticapitalistes nationaux, commence maintenant à se convertir en un fardeau.

Bien que fondamentales, les définitions de base de la Otra sont trop générales, surtout en ce qui concerne la structure d’organisation, la politique d’alliances, la place de la diversité et ceux qui sont invités à nous rejoindre et ceux qui ne le sont pas.

De plus, d’après ce que nous avons vu et entendu au cours de notre tour et dans les différentes réunions et assemblées, il est nécessaire de déterminer si les caractéristiques actuelles sont exhaustives ou non. Pour ne donner qu’un exemple, dans pas mal d’endroits on a déclaré qu’il était nécessaire d’ajouter l’aspect anti-patriarcal parmi les caractéristiques basiques de la Otra.

Un autre problème grave et urgent réside en ce que nous n’avons pas défini comment doivent se prendre les décisions dans la Otra comme mouvement. De sorte que parfois une position personnelle, de groupe ou d’organisation (y compris le EZLN) est présentée comme si c’était celle de toute la Otra.

Dans les réflexions que nous vous avons présentées ici, nous avons déjà expliqué que nous avons toujours conçu la Otra comme nécessaire pour un temps à venir et qu’ainsi nous avions un peu de temps pour faire connaissance, nous entendre et nous définir.
Comme nous l’avons également mentionné, nous pensons que ce moment de crise politique au sommet où se fait nécessaire une alternative de gauche anticapitaliste, ce moment est déjà arrivé. Bien que la profondeur de la crise politique d’en haut soit palpable, nous, zapatistes, savons bien que s’il n’y a pas d’alternative venant d’en bas, ceux d’en haut finiront par s’arranger et se donner un nouvel élan.

Nous croyons que l’heure de La Otra, l’heure des petites gens que nous sommes, est arrivée.

Nous pensons qu’il est temps de commencer à établir des contacts directs avec tous ceux d’en bas, notre peuple ; et de commencer à construire avec eux le programme national de lutte.

Il ne s’agit pas seulement de nous connaître, de diffuser l’information et de relier entre eux les mouvements de résistances contre le système capitaliste qu’il y a dans notre pays, il s’agit aussi de nous organiser autour de ce plan, de son contenu, de ses objectifs et d’établir les pas et les procédés pour l’accomplir.

Mais nous n’avons pas encore de visage propre en tant que La Otra. Nous pensons qu’il est temps pour nous de le faire entre tous. Il est temps que s’en aille ceux qui ne se sentent pas identifiés avec ce qui est la pensée majoritaire de La Otra et que ceux qui se reconnaissent dans ce visage collectif que nous construisons restent et continuent de nous rejoindre.

Nous croyons donc que l’heure est arrivée de fournir les définitions restées en attente..

Ce que nous considérons comme les principales définitions sont groupées dans ce que nous appelons les 6 points : les caractéristiques de La Otra ; qui est invité à nous rejoindre et qui ne l’est pas ; la structure d’organisation (y compris le mécanisme ou procédé de prise de décision) ; la place de la diversité ; la politique des alliances ; et les tâches immédiates.

Nous avons repéré ces questions dans les réunions préparatoires et, au cours de la première plénière, nous avons proposé que tous les adhérents discutent et se prononcent sur ces questions. Mais nous n’avons pas fixé de date, ni établi comment chacune de nos voix serait pris en compte dans les décisions prises sur ces sujets.

Et de prendre tout le monde en compte c’est ce qui nous distingue des autres propositions, projets ou mouvements politiques.

Pendant plus d’un an, nous avons à la fois beaucoup et peu avancé dans la discussion de ces 6 points. Nous pensons que nous devons maintenant conclure cette étape, que chacun prenne une position et assume une définition concernant La Otra.

C’est-à-dire répondre désormais, comme La Otra, aux questions : qui sommes-nous ? Où sommes nous ? Commen voyons nous le monde ? Comment voyon nous notre pays? Que voulons nous faire? Comment allons nous le faire?

Suite à tout ce que nous avons dit et ce que nous avons vu, écouté et dit cette année, nous vous proposons:

  1. Que nous, tous les adhérents, concluions nos analyses, discussion et définition et que nous prenions une décision sur les sujets suivants :
    1. Les caractéristiques fondamentales de l’Autre Campagne(son identité collective donc)
    2. La structure de l’Autre Campagne (les relations entre nous)
    3. Notre politique d’alliances (qui nous soutenons et avec qui nous nous allions)
    4. La place des différences (où nous sommes)
    5. Qui est invité à nous rejoindre et qui ne l’est pas (qui est compagnon et qui ne l’est pas).
    6. Les tâches communes de tous les adhérents (en plus de celles de chacun propre à son combat).
  2. Que la conclusion de cette analyse, discussion et définition aient lieu principalement dans l’endroit où s’est décidé l’adhésion : peuple indien, organisation politique ou sociale, ONG, groupe, collectif, famille, individu. C’est là où chacun résiste et lutte. Et c’est aussi là où chacun discute et décide quel type d’Autre Campagne est la meilleure pour ce que nous nous proposons.
  3. Que pour cette analyse et discussion, tous ceux qui se le proposent puissent partager leurs positions et arguments avec le reste d’entre nous. Pour l’instant nous n’avons pas d’autre espace commun que le site Internet de la Sixième Commission et celui des organisations, groupes et collectifs qui en disposent. Nous pensons que, bien que ce soit peu et limité, nous devons tous mettre au service de cette analyse et discussion les moyens dont nous disposons. Par des articles, des programmes de radio ou de tv alternatives, des « blogs », des courriers, des tables rondes, des réunions, des conférences, des volants, des journaux, des assemblées, ou tout moyen possible, nous pourrions donner connaissances aux autres adhérents les positions des individus, des familles, groupes, collectifs et organisations sur chacun de ces points ; par exemple concernant le sujet anti-patriarcal (qui signifie pourquoi La Otra doit l’être et comment). Enfin générer un débat intense mais toujours respectueux autout des idées et propositions de chacun.
  4. Que cette analyse, discussion et débat internes à la Otra soient conclus durant les mois d’octobre et novembre de cette année 2006.
  5. Que la décision de chacun soit présentée dans une consultation avec tous les adhérents. Une consultation universelle interne à la Otra où l’opinion de tous et de chacun des adhérents soit écoutée et prise en compte sans considération du lieu où il se trouve, de la langue qu’il parte, son âge, sa race, sa préférence sexuelle, sa scolarité, s’il sait parler ou non en public, etc.… etc., seulement qu’il ait adhéré à la Sixième Déclaration. Un vote donc de touts les adhérents.
  6. Que cette consultation ait lieu la semaine du 4 au 10 décembre de cette année.
  7. Que la réalisation de cette consultation soit assumée par les différentes unités d’organisation de travail qui existent ou se créent à cet effet. Que si quelqu’un ne peut assister à une assemblée ou à une réunion pour une raison ou une autre, que quelqu’un de La Otra se rende à l’endroit où il travaille, étudie, vit et lui demande son opinion, en prenne note sur chacun des points, peu importe si il s’agit d’une ou de plusieurs personnes.
  8. Que soient respectées les « coutumes » de chacun quand il se présente et donne leurs opinions : soit par déclaration individuelle, familiale, de groupe, de collectif, d’organisation ou de communauté indienne.
  9. Que chaque unité d’organisation de travail décide la forme et le contenu de la réalisation de la consultation dans l’espace où il la mettra en oeuvre.
  10. Pour ceux qui en décident ainsi, le Sixième Commission du EZLN s’offre à recevoir leurs opinions et à s’assurer qu’elles soient prises en compte (même si elles ne coïncident pas avec les nôtres ou si elles sont contraires à celles que nous soutiendrons comme Zapatistes) dans la consultation interne de la Otra.
  11. Qu’une fois terminée la consultation, chaque unité d’organisation de travail partage publiquement les résultats qui ont été obtenus et où elle a eut lieu, sur le site Internet Enlacezapatista. Ainsi nous pourrons tous calculer les résultat et saurons ce qu’a décidé la majorité.
  12. Que lorsque nous saurons le résultat final, nous informerons tous les adhérents suivant le même chemin qui s’est utilisé pour les consulter.
  13. Que soit définis clairement les caractéristiques de la Otra, sa structure d’organisation, sa politique d’alliances, la place de chacun, ceux qui y sont et ceux qui n’y sont pas ainsi que les tâches communes pour la fin de cette année.
  14. Qu’en février 2007, l’Autre Campagne initiera une autre étape, celle où nous lancerons le Programme National de Lutte, avec la participation directe des délégués de la Sixième Commission du EZLN, en entrant en contact direct avec nos gens et où se décideront les tâches générales, comme la lutte pour la liberté et la justice pour les prisonnier d’Atenco, la liberté de tous les prisonniers politiques du pays, la présentation en vie des disparus et l’annulation de tous les ordres d’appréhension contre les activistes du combat pour la justice sociale.
  15. Que les adhérents qui sont d’accord avec ce projet nous le fassent savoir par les différents types de courrier, à travers les unités d’organisation de travail de La Otra de tout le Mexique ou par les moyens qu’ils considérent adéquats.

C’est notre proposition, compagnes et compagnons de l’Autre Campagne.

Pour le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène –Etat Major de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale.

Sixième Commission du EZLN
Commandante Grabiela (délégué un).
Commandant Zebedeo (délégué deux).
Commandante Miriam (déléguée trois).
Compagne Gema (déléguée quatre).
Commandante Hortensia (déléguée cinq).
Comandant David (délégué six).
Commandant Tacho (délégué sept).
Sous commandant I. Marcos (délégué zéro).
México, Septembre 2006.

Traduccion al frances : ClaudineMadelon/ 13/10/2006

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