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Narco News Issue #42

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L’APPO de Oaxaca forme un gouvernement permanent, annonçant une intensification de la résistance

3000 délégués se rencontrent au beau milieu de la répression d’état et réorganisent la lutte


Par Nancy Davies
Commentaires depuis Oaxaca

14 novembre 2006

Trois mille oaxaquéniens ont répondu au premier appel de l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO) vendredi 10 novembre, pour forger une nouvelle constitution pour le Oaxaca. L’APPO a surgi dans les deux jours qui ont suivi la tentative d’expulsion des professeurs grévistes de leur sit-in sur le zocalo (place centrale) le 14 juin 2006. Elle a guidé le mouvement social depuis lors et s’auto-dissout aujourd’hui pour laisser place à une structure permanente de gouvernement qui inclut la branche exécutive et législative. La direction provisoire s’est dissoute formellement initiant le travail du congrès constitutif.

Le nouvel organe, le Conseil d’Etat de l’APPO (CEAPPO), consiste en 260 représentants des sept régions du Oaxaca. Quarante sièges ont été assignés au syndicat démocratique des enseignants. Le CEAPPO inclut également des commerçants, des étudiants, des chauffeurs de taxis ou de bus, des syndicats, des femmes, des ONG, des partis politiques et groupes sociaux. Des places honoraires ont été réservées pour les prisonniers politiques. Tous les membres du CEAPPO ont les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Entre 800 et 1000 (selon les sources) délégués des quartiers et des barricades, des organisations sociales et politiques en provenance des sept régions de l’état se sont rassemblés. 100 autres invités les ont rejoints, arborant des badges jaunes d’invités. La soixantaine de journalistes nationaux ou internationaux présents n’a pas été autorisée à suivre les sessions de travail dirigées par les membres de la direction provisoire de l’APPO, c’est-à-dire Flavio Sosa Villavicencio, Zenen Bravo Castellano, Rosendo Ramirez Sanchez et Marcos Leyva Madrid. Zenen Bravo a été sélectionné pour être le président du conseil. Ils ont été nommés par une assemblée plénière avec deux vice-présidents et quatre rapporteurs.

Les réunions se sont tenues dans l’auditorium de l’Hotel Magisterio (résidence des enseignants) qui avait été le lieu de la réunion avec le Délégué zéro de l’Autre Campagne lors de la visite des zapatistes en février dernier.

Le CEAPPO s’est formé face à l’extrême répression en cours du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz (URO) qui opère aussi bien via son parti le PRI que via des hommes de main payés ou bien des policiers en civil. L’esprit du CEAPPO est révolutionnaire, avec une attitude pacifique, démocratique et humaniste qui est ouvertement anti-néolibérale et basée sur le traditionnel pouvoir du peuple tel qu’on le trouve dans les usos y costumbres (us et coutumes), une méthode de gouvernement ouverte et directe. De larges dispositions relatives à la révocation des officiels, aux référendums et aux plébiscites sont prévues dans les statuts du conseil.

Pour le contenu, le CEAPPO soutient la justice sociale économique, l’égalité des personnes, le respect des différences, le respect des droits des femmes, le respect des peuples indigènes et de leur autonomie et le développement au bénéfice des peuples de Oaxaca avec une grande préoccupation pour la viabilité et les ressources renouvelables.

Le congrès constitutif rassemblé s’est réuni pendant trois jours. Le travail a commencé vendredi avec l’enregistrement des délégués de différentes organisations et communautés ainsi que des participants aux barricades désignés par l’APPO après le 17 juin. L’enregistrement a pris toute la journée laissant peu de temps aux sessions de travail qui ont été ajournées.

A la réunion initiale de la première nuit du conseil constitutif, qui avait été fortement dominée par les hommes, les femmes présentes ont vigoureusement protesté. Finalement, il a été décidé qu’un minimum de 30% du conseil permanent serait des femmes. Les sessions ont été très animées, avec des huées pour les suggestions qui soulevaient des objections et des applaudissements pour les bonnes – soit la démocratie participative.

Samedi, quelque 600 délégués ont défini les statuts, les déclarations de principe et le programme d’action du nouveau corps en même temps qu’ils ont élu les directeurs permanents dont la fonction sera proche du pouvoir exécutif.

Après avoir travaillé toute la nuit du dimanche, le congrès a élaboré à l’aube son nouveau plan d’action qui prévoit la continuation de la lutte pour la destitution du gouverneur Ulises Ruiz. Le départ de Ruiz est « non négociable ». Des activités ont été exposées comme la mise en place de plus de blocage et la reprise des brigades mobiles. Ceci doit se mettre en place dans l’incertitude quant à l’occupation de le Police Fédérale Préventive (PFP) qui peut ou non être retirée et quant à la guerre sale qui est en cours.

Le mouvement oaxaquenien va aussi envoyer une délégation à Mexico le 20 novembre pour participer à la protestation de l’ex-candidat à la présidence Andres Manuel Lopez Obrador, mais seulement pour exprimer symboliquement la lutte pour la démocratie. L’APPO a aussi accepté de protester contre l’investiture de Felipe Calderon si URO ne part pas avant le 1er décembre.

Lors de la première réunion vendredi, l’APPO a répété : « Les conditions pour un retour en classe n’existent pas. » Néanmoins, près de 70% des enseignants y retournent. Certains restent au sit-in de Mexico. Les retours sont censés être programmés la semaine prochaine dans le but avoué d’enseigner ce qui se passe à Oaxaca et de parler du mouvement populaire. Tant qu’URO restera au pouvoir, ceci peut s’avérer un travail dangereux.

Tandis que le congrès se rassemblait pour son premier jour de réunion, le zocalo était occupé par la Police Fédérale Préventive et la zone touristique par l’APPO et les professeurs qui ne retourneront pas en classe tant que le danger existe. Dans la période du 1er au 10 novembre, à peu près 49 étudiants et leaders de l’APPO ont été enlevés sans mandat d’arrêt par des hommes en civil conduisant des voitures sans plaques. Parmi les personnes appréhendées se trouvent deux mineurs. Les violations des droits civils perpétrées par le gouvernement comprend l’intrusion dans des domiciles privés sans mandat afin d’arrêter les personnes de l’APPO les plus visibles et les professeurs.

Bien que des organisations des droits de l’homme aient demandé à savoir qui était détenu et où ainsi qu’un compte des morts, on ne leur a pas répondu.

A la recherche de sécurité, les membres les plus visibles de l’APPO et les professeurs menacés ont demandé l’asile dans l’église, ce qui leur a été offert par le représentant officiel de l’église Wilfredo Meyran mais, le jour suivant, celui-ci a été supplanté par l’évêque de Oaxaca, Jose Luis Chavez Botello. L’évêque, dans une conférence de presse, a déclaré que l’église était consacrée au royaume des cieux et ne pouvait être impliqué dans la politique terrestre. Mayran est un allié de longue date de l’ancien évêque du Chiapas Samuel Ruiz et est apparu à ses côtés lorsque Ruiz est venu à Oaxaca soutenir l’APPO.

Les cours à l’université devaient reprendre lundi mais peu ont repris à cause de la violence qui entoure le campus. Des professeurs ont décidé que c’était dangereux. Des étudiants ont pris la même décision. Au même moment, le blocage de Radio Universidad continuait ainsi que celui de l’université, et, de fait, l’information venant de l’APPO n’était pas disponible. Les membres de la radio étaient dans l’incapacité de quitter la cité universitaire, craignant pour leurs vies, et restaient dans la zone autonome.

Radio Ciudadano, également connue sous le nom de Radio Patito, continuait d’émettre les noms des adhérents au mouvement ainsi que ceux des professeurs en préconisant de les arrêter ou de les blesser. Cette station est universellement considérée comme soutenant le gouvernement du PRI. Les noms des animateurs de Radio Universidad sont bien connus et ont été rendus public. Les protestations des organisations des droits de l’homme pour empêcher la radio pro-gouvernementale de proférer des menaces ont été ignorées. A la fin de la semaine, le 10 novembre, le signal de Radio Universidad a été complètement bloqué.

A peu près en même temps, une Assemblée Nationale, sur le modèle de l’APPO, est en construction. La convention nationale des délégués fédéraux siègera à Mexico les 18 et 19 novembre. Elle analysera la situation nationale, l’actuelle situation des différentes assemblées et établira sa propre forme et ses propres règles ainsi que son plan national d’action. A ce jour, quelque douze états sont censés envoyer des délégués à l’Assemblée Populaire des Peuples du Mexique (APPM).

Bien qu’Ulises Ruiz tente à travers les mass-médias de faire croire que tout revient à la normale à Oaxaca (les gars de la PFP mangent des glaces tandis qu’ils montent la garde pour bloquer l’entrée du zocalo), mon observation personnelle en tant que commentatrice est que le mouvement reste actif et résolu.

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