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Narco News Issue #43

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Vacances de fin d’année en terres insoumises de Oaxaca

« L’année 2006 nous a appris que nous ne devons pas nous soumettre » : dit le peuple Triqui


Par Diego Enrique Osorno
El Milenio

4 janvier 2007

Copala, Oaxaca – Dans le cœur des Triqui, rebelles de tout temps, les instances officielles n’existent pas. « L’année 2006 nous a appris que nous ne devons pas nous soumettre, disent-ils. » La création de leur commune autonome semble en être la preuve.

« Hé, moi, à votre place, je ne resterais pas ici, parce que toutes les après-midi on se prend des coups de feu dans le coin. Moi, je suis juste venu livrer les pétards et je me tire », nous lâche à toute vitesse de sa camionnette un homme qui va d’emprunter la piste de terrassement pleine d’ornières qui unit San Juan Copala, le cœur de la culture triqui, et les routes asphaltées de la sierra mixtèque.

« Ils sont comme ça les Triqui, ils aiment se massacrer entre eux », concluent avec un brin de racisme aussi bien des fonctionnaires du gouvernement local que des activistes de l’APPO. D’autres rendent coupables les organisations sociales présentes dans cette zone de semer la terreur et le découragement, en particulier le Mouvement d’unification et de lutte Triqui que dirige de sa chaise roulante Heriberto Pazos Ortiz, un vieux dirigeant triqui qui s’est acoquiné avec le gouverneur Ulises Ruiz Ortiz, ce qui lui a valu la rébellion des membres de cette organisation.

Dans le passé, son organisation disputait à l’« Unité du bien-être social de la région triqui » le contrôle de cette zone pauvre qui recouvre 13 000 hectares.

Passant outre les conseils du vendeur de pétards, nous poursuivons notre voyage vers Copala sur la piste accidentée où se sont produites au moins cinq embuscades de gens armés de fort calibre dans les dernières années. En chemin, d’énormes blocs de pierre barrant le milieu de la piste témoignent des barricades que les habitants ont élevées pour empêcher de passer un convoi de la police d’intervention préventive. Plus loin, deux véhicules Tsuru de couleur blanche comme ceux qu’utilise la police nationale gisent renversés sur la berge de la rivière.

Peu après nous entrons à Copala, la commune autonome des Triqui en rébellion, où toutes les dépendances de l’administration officielle ont été fermées et les fonctionnaires expulsés, où l’on n’aperçoit nulle part l’écriteau classique lançant « Bienvenue au village Untel » ou « Vous êtes à Machin, soyez les bienvenus »... Rien de tout cela ici.

Les pins majestueux si caractéristiques de la région triqui ont peu à peu disparu, on n’en voit plus non plus sur les bords des chemins et aux portes des villages de ce secteur. Je m’en étonne auprès d’un des dirigeants de la communauté, qui me confie à voix basse que c’est « à cause des embuscades ». Il ajoute que les pins rendaient plus facile à des hommes armés de se cacher et de tendre une embuscade quand on passe en voiture ou quand on est chez soi.

Bien sûr, je suis bête de ne pas y avoir pensé. Aussi les habitants préfèrent-ils les tailler, pour ne pas boucher la vue. C’est l’aspect que donne aujourd’hui Copala, où il ne reste plus que quelques grands arbres dans deux des angles du village.

« Et ceux-là, pourquoi ne pas les avoir coupés ? », lui dis-je. – « Ah ! C’est que ceux-là, la police municipale s’en sert. », me répond-t-il.

Je commence à saisir que le village a des hommes armés qui surveillent à leur tour l’éventuelle incursion de ce « groupe paramilitaire » qui opère dans la zone.

« Nous savons qu’il va y avoir une répression et que des paramilitaires vont venir, tôt ou tard. Nous nous y attendons, pas moyen d’y échapper, mais nous savons que nous n’agissons pas mal, que ce que nous faisons garantit la paix pour les Triqui », nous raconte Jorge Albino Ortiz, jeune indigène de 23 ans qui participe à l’APPO en tant que conseiller.

« L’heure est arrivée pour les communautés d’Oaxaca, pour les peuples indiens, de manifester leur désaccord. Voilà ce que nous avons retenu de 2006, qu’il ne faut plus rester soumis, ajoute-t-il. » Et la cérémonie d’instauration du gouvernement populaire commence, au cas où l’on aurait cru qu’il ne s’agissait que de paroles en l’air.

Traduit par Ángel Caído

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