<i>"The Name of Our Country is América" - Simon Bolivar</i> The Narco News Bulletin<br><small>Reporting on the War on Drugs and Democracy from Latin America
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Narco News Issue #43

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Bulletin d’information nº 2 : Première rencontre des peuples zapatistes et des peuples du monde

“Nous, les zapatistes, nous sommes libres de nous organiser, de nous gouverner et de prendre les décisions selon ce que nous pensons sans être exploités… »


Par la Commission Intergalactique du EZLN
EZLN

6 janvier 2007

Le 31 décembre 2006.

Compañeros et compañeras,

Le dernier jour de l’année a débuté ce matin par l’installation de deux groupes de travail au Caracol zapatiste d’Oventik, au Chiapas, dans lesquels, les peuples zapatistes ont exposé le déroulement quotidien de leur autonomie en matière de l’éducation et de la santé, dans le cadre de la première rencontre des peuples zapatistes et des peuples du monde.

Des milliers de membres des bases de soutien des communautés de l’Armée zapatiste de libération nationale ainsi que plus de 1 500 femmes et hommes venus de 40 pays du monde ont procédé dès 8 heures du matin aux derniers préparatifs des groupes de travail où vont être débattus l’éducation dans l’autonomie, l’élaboration de programmes d’enseignement dans la résistance, le système de santé des peuples zapatistes, les défis que cela représente, les obstacles rencontrés et les petits succès remportés.

Hier après-midi et jusqu’au soir, ce sont les thèmes “Autonomie et Autre Gouvernement” qui ont été abordés par les représentants de chacun des cinq conseils de bon gouvernement zapatistes. On a pu aussi écouter 35 compañeros et compañeras de nombreux autres pays qui participent à cette rencontre.

Le compañero Jesus et la compañera Roel, membres du conseil de bon gouvernement du Caracol de La Realidad, ont expliqué que “l’un des défis les plus important de l’Autre Gouvernement est la participation à part entière des femmes comme autorités. Quand les JBG (les conseils) ont été créés, déclara Roel, uniquement une femme en faisait partie, mais après trois ans et demi de travail, nous sommes en mesure de dire que nous sommes quasiment représentées à égalité, bien qu’il y ait encore beaucoup de chemin à faire.”

La maxime “commander en obéissant”, ont-ils poursuivi, “consiste en ceci que c’est le peuple qui décide de la direction à suivre et de la manière dont on va atteindre les objectifs fixés”, avant d’ajouter que l’Autre Gouvernement repose sur sept principes fondamentaux : obéir et ne pas commander, représenter et ne pas supplanter [la vox populi], descendre et ne pas grimper, convaincre et non pas vaincre, construire et non détruire, proposer et non imposer.

En ce qui concerne la justice zapatiste, question épineuse, il a été expliqué que différents types de problèmes se présentent, que “nous tentons nous-mêmes de résoudre”. “D’abord, nous commençons par enquêter sur l’affaire, puis nous citons à comparaître les parties litigieuses. L’autorité (devant laquelle on comparaît) reste neutre afin de pouvoir écouter les arguments des parties et c’est sur cela qu’elle se base pour que la justice soit appliquée aux coupables, à qui la peine imposée consiste à exécuter des travaux pour le bien de la communauté, de la commune ou de la zone concernée. Dans l’autre gouvernement, la justice ne s’achète pas, ne se négocie pas. Le pouvoir de l’argent ne règne pas sur la justice zapatiste, achevait l’autorité autonome d’une des régions de la Selva.”

De son côté, le conseil de bon gouvernement d’Oventik signalait que, pour les zapatistes : “L’autonomie est un droit universel au sein duquel on peut vivre humainement, dans la liberté, la justice et la démocratie, selon ses propres lois, n’importe où dans le monde. L’autonomie ne se résume pas à un seul mot, mais a besoin d’être définie en parlant de différents aspects et droits : droit à la vie, à la politique, à la justice, à la liberté, à la démocratie, à la santé, à l’éducation, au territoire, etc.”

Les représentants du gouvernement autonome d’Oventik ont aussi dénoncé qu’au cours des treize années de lutte écoulées, “le mauvais gouvernement nous a trahis et a essayé de nous anéantir pour mettre fin à notre juste combat. Beaucoup de compañeros et de compañeras ont péri, assassinés par l’armée et par les groupes paramilitaires, sans parler des milliers de personnes déplacées par la guerre”.

Actuellement, disent-ils, il n’existe pas de loi ou de système juridique pour faire appliquer la justice, chaque commune élabore d’un commun accord ses règlements internes, d’où “la nécessité que l’on ressent d’élaborer des règles générales à même de nous guider, pour l’ensemble des communes de cette zone”.

Quand la parole a été donnée au conseil de bon gouvernement du Caracol de Morelia, la compañera Ofelia et le compañero Beto ont expliqué que dans cette zone, “on construit de façon équitable le système autonome rebelle zapatiste d’enseignement et celui de la santé”. Dans un tel contexte, une des responsabilités qui leur incombent “est de stimuler et d’aider les villages et les communes à développer et à améliorer l’autonomie”. Ofelia expliqua qu’une autre de leurs fonctions est “de distribuer de façon équitable les ressources économiques que des hommes, des femmes, des anciens et des enfants du Mexique et du monde entier nous font parvenir en solidarité de manière directe ou par d’autres moyens.”

En ce qui concerne la justice, le compañero Beto expliqua rapidement que “leur rôle est de rechercher et de construire un accord commun, et non pas appliquer bêtement la loi. En tant qu’autorités du conseil de bon gouvernement, nous sommes un pont, nous entamons un dialogue et non une négociation, et c’est par le truchement d’un dialogue que l’on parvient à un accord”, avant d’ajouter que “ce n’est pas toujours facile à faire”.

Josefina et Miguel, représentant les autorités de Roberto Barrios, ont signalé que “aujourd’hui, nous, les zapatistes, nous récupérons notre culture… En tant que peuples indigènes, nous devons nous organiser d’une nouvelle manière. Nous sommes capables de nous gouverner, de prendre nos propres décisions, nos propres accords, de faire des propositions et d’avoir notre propre pensée”.

Ils ont expliqué que les autorités zapatistes ne percevaient aucun salaire pour faire leur travail : “Nous, les zapatistes, nous sommes libres de nous organiser, de nous gouverner et de prendre les décisions selon ce que nous pensons, sans l’exploitation propre aux idées capitalistes. De là l’idée de construire une nouvelle société et une nouvelle lutte, l’idée de construire une unité en tant que peuples indigènes du monde…”

Roberto Barrios étant située dans une des zones où la présence de groupes paramilitaires est la plus forte, ses représentants ont dénoncé le fait que continuent “la pression acharnée des paramilitaires dans notre zone et dans nos communes autonomes et aussi les programmes du mauvais gouvernement qui se fondent sur des idées totalement capitalistes pour diviser et décourager les villages, car il s’agit d’une véritable guerre de basse intensité contre le peuple”.

Elías, Estefanía, Joaquiín et Isabel, s’exprimant au nom du Caracol de La Garrucha, ont affirmé que “les peuples indigènes ont le droit à être autonomes au sein de l’État mexicain” et ont revendiqué “leur façon d’être et de travailler collectivement, leur langue et leurs idées qui sont différentes”.

“En tant que peuples, nous avons longtemps pratiqué l’autonomie dans les faits, aussi ne demandons-nous rien d’autre que de reconnaître ce qui existe déjà. Mais le mauvais gouvernement ne veut pas nous accorder cette autonomie, parce que comme nous l’avons déjà dit cela signifierait pour lui perdre toute possibilité de s’emparer et de nous spolier de nos richesses et ressources naturelles. Il y aurait de nombreux obstacles pour qu’il puisse appliquer en toute tranquillité ses plans économiques d’exploitation de nos ressources à son profit”, signalent-ils.

Ils ont ajouté : “L’autonomie que nous voulons et pour laquelle nous luttons se heurte de plein fouet à la souveraineté du pays. Ce n’est pas que nous voulions nous séparer du Mexique pour former une nation à part, ça c’est le prétexte utilisé par les ennemis des peuples indigènes pour leur nier le droit à l’autonomie qu’ils exigent en tant que peuples. Mais ce dont nous sommes sûrs, c’est que l’autonomie renforce la démocratie dans notre pays.”

Les paroles des différents conseils de bon gouvernement ont été suivies d’une série de questions et de réponses concernant la construction de l’autonomie zapatiste, après quoi ce fut le tour de l’exposé des différentes expériences de lutte dans d’autres pays du monde, avec une incise particulièrement importante concernant la défense des prisonniers politiques.

Aujourd’hui, en plus des groupes de travail su les thèmes de “l’Autre Santé et l’Autre Éducation”, il est prévu dans la soirée un groupe sur le thème “Femmes, défis et perspectives”. Et à la nuit tombée, les peuples zapatistes et les peuples du monde réunis en ce jour à Oventik fêteront avec la musique, avec la danse et des activités culturelles, le treizième anniversaire du soulèvement armé qui surprit le monde entier le 1 janvier 1994.

Traduit par CSPCL

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