<i>"The Name of Our Country is América" - Simon Bolivar</i> The Narco News Bulletin<br><small>Reporting on the War on Drugs and Democracy from Latin America
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Narco News Issue #43

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La correspondante d’Associated Press à Oaxaca presse les « autorités » mexicaines à enquêter sur Narco News

Rebeca Romero d’AP insiste sur le fait qu’elle n’est pas payée par Ulises Ruiz mais publie son démenti sur son site web à côté d’une publicité… du gouvernement de l’état du Oaxaca


Par Al Giordano
Éditeur, Narco News

9 janvier 2007

La correspondante d’Associated Press à Oaxaca, Rebeca Romero, nous a envoyé un email dimanche 7 janvier qu’elle a également publié sur le site internet ADN Sureste (« Agence de presse digitale du Sud-Ouest ») dont elle est l’éditrice. Sa lettre (et l’introduction qu’elle en fait sur son site) est marquée de la même mauvaise qualité que ses reportages pour l’AP sur les conflits à Oaxaca en 2006. Elle fait de vagues déclarations, non documentées, sur un prétendu « climat de lynchage » contre elle dont elle prétend qu’il émane de Narco News, en particulier dans un article où l’on apprend qu’elle est payée par le gouvernement de l’état du Oaxaca, ce qu’elle nie.

En plus d’être une « journaliste » sans éthique et honteusement progouvernementale, Mme Romero n’est à l’évidence pas très futée. Dans son démenti essoufflé où elle nie recevoir des fonds du gouverneur du Oaxaca Ulises Ruiz (avec qui elle prétend n’avoir que des « relations professionnelles »), elle offre par inadvertance une solide preuve qui contredit sa défense. Sur le côté droit de la page web, on voit une série de publicité dont la plus grande est payée par « le gouvernement de l’état du Oaxaca » (« Oaxaca… Gobierno del Estado »). Elle apparaît sous une publicité similaire payée par le gouvernement de l’état du Puebla (connu pour son « précieux gouverneur » Mario Marin, protecteur des pédophiles) et au-dessus d’une autre payée par le gouvernement municipal de la ville de Oaxaca, entre autres sponsors.


Le site de la correspondante de l’AP Rebeca Romero avec une publicité pour le gouvernement de l’état du Oaxaca.

Bien qu’il soit clair, grâce à son site, quelles sont les parties du conflit de Oaxaca qui mettent du beurre dans ses chayotes, elle n’a jamais divulgué son conflit d’intérêt (« informer » sur le gouvernement d’état du Oaxaca en état de guerre tout en étant sponsorisée par ce dernier) dans un seul de ses articles pour l’AP. Ce manque de transparence est une violation flagrante du Code d’Éthique de l’Associated Press Managing Editors Association, qui déclare :

« Le journal et son équipe doivent être sans engagements avec les sources d’information. Même l’apparence d’engagement ou de conflit d’intérêt doit être évitée.

« Les journaux ne doivent rien accepter de valeur de la part des sources d’information ou autres en dehors de la profession. Les cadeaux ou les voyages à tarifs réduits, les divertissements, les produits ou l’hébergement ne doivent pas être acceptés. Les dépenses entraînées par le reportage doivent être payées par le journal. Les faveurs et traitement spéciaux pour des membres de la presse doivent être évités. »


Gros plan de la pub pour le gouvernement de l’état du Oaxaca (« Oaxaca… gobierno del estado »)
Le code déclare plus loin :

« Le travail par des membres du journal pour des personnes ou des institutions sur lesquelles ils informent doit aussi être évité.

« Les investissements financiers par des membres du journal ou autres affaires extérieures qui pourraient créer l’impression de conflits d’intérêts doivent être évités. »

Nous publions ci-dessous une traduction complète en français de la lettre de Mme Romero à Narco News (le lien vers l’originale en espagnol apparaît ci-dessus) suivie de la réponse à Mme Romero et à l’Associated Press qui prouve nettement la fausseté des déclarations en toute connaissance de cause de Mme Romero sur Narco News et sur elle-même. Cette réponse tient Mme Romero, l’Associated Press et le gouvernement du Oaxaca responsables de toute attaque contre nos journalistes ou leurs familles à Oaxaca basée sur ces fausses allégations. Et elle expose les mensonges sciemment insérés dans ses reportages sur Oaxaca en 2006. Mais ceci n’est qu’un échange de parole l’une contre l’autre. Au contraire de Mme Romero, nous soutenons tout ce que nous disons avec des faits documentés.

Mais d’abord, voici les propres mots de Mme Romero… sponsorisés par l’état du Oaxaca du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz…

L’introduction de Mme Romero à sa lettre

Des militants étrangers ?

Écrit par Rebeca Romero
dimanche 7 janvier 2007.

Oaxaca de Juarez (7 janv. 2007) : Aujourd’hui, je publie une lettre que j’ai envoyée au directeur du Narco News Bulletin. J’espère qu’ils la liront. Je leur donne le scoop que ce lundi, l’ingénieur Joaquin Rodriguez Palacios retournera à son poste de Secrétaire Général du Gouvernement et que l’on attend beaucoup de changements au cabinet d’Ulises Ruiz cette semaine R Romero).

Chers collègues, je vous expose le cas suivant : il y a à Oaxaca un groupe de militants étrangers qui consacrent leur temps à me harceler et à me discréditer. Ils font partie du projet « Narco News Bulletin » et collaborent avec Indymedia. Ils exercent comme journalistes et s’introduisent au Mexique avec des visas de tourisme. Ils ne me dérangeraient pas si c’était juste des commérages, mais ils sont déjà passés des calomnies aux agressions et aux intimidations.

Je vous joins une copie de la lettre que j’ai envoyée au directeur du Narco News Bulletin, Al Giordarno, par internet car il n’a pas d’adresse à Oaxaca. Une reporter nommée Nancy Davies assure que je suis corrompue et que je suis employée par Ulises Ruiz avec qui j’ai des relations professionnelles et qui est l’un des acteurs du conflit avec qui je parle comme je le fais avec les leaders de l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO), avec le syndicat enseignant, les organisations, les entrepreneurs et tous les citoyens oaxaquéniens à qui j’offre la parole et que, de plus, j’ai respecté comme interlocuteurs. Nous les reporters, nous narrons les faits, nous ne sommes pas juges, nous ne devrions pas participer activement, ce n’est pas notre travail. Il existe un blog créé par ce groupe qui pense faire du journalisme indépendant, où ils disent qu’ils vont se battre avec moi et brûler l’hôtel où je reste ou me pendre à un lampadaire. L’affaire est devenue délicate puisqu’ils m’ont déjà harcelée et agressée dans la rue.

J’ai été la cible de critiques très dures pour le rôle neutre que j’ai joué. Aujourd’hui, je suis harcelée par Narco News Bulletin, un projet qui s’auto proclame indépendant mais qui d’entrée se déclare contre le capitalisme et la presse traditionnelle mexicaine. Ils disent qu’ils portent un monde nouveau dans le cœur, celui qu’ils doivent défendre « des déformations du système médiatique corporatiste qui, au Mexique, a une histoire proche de cette grande famille qui se nomme elle-même « gouvernement » ». Ceci suppose un jugement lapidaire de la presse mexicaine qui est combattue avec l’aide de l’étranger, d’où sa prétention de n’avoir ni financements ni prébendes de groupes ou d’individus au Mexique. Le paradoxe, c’est qu’ils défendent le Mexique contre le capitalisme mais avec des ressources obscures.

Tout ceci ne veut pas dire que le projet n’apporte pas de contributions valables mais sa confusion entre militantisme et journalisme l’amène à de dangereuses positions, comme prétendre offrir la vérité suprême et inquestionnable. Penser que toute la presse mexicaine est corrompue équivaut à penser que nous le portons dans nos gènes. C’est une vision néo-colonialiste dans laquelle les militants indépendants, ceux qui sont propres et qui savent, viennent nous enseigner à nous, les corrompus et ignorants.

La lettre de Mme Romero à Narco News

Al Giordano
Directeur
Narco News Bulletin

Je n’ai pas voulu répondre à la série d’imputations que vous avez faites sur ma personne dans le média que vous dirigez mais puisque j’ai été victime d’attaques verbales de la part de personnes d’origines étrangères qui sont venues m’insulter chez moi, qui se sont introduites avec violence, qui m’ont agressée dans la rue, qui m’ont suivie et m’ont envoyé des emails menaçants et qui, en outre, ont fait la même chose sur mon téléphone portable, et qui, il y a quelques jours, ont peint des slogans sur ma voiture et l’ont rayée, je voudrais clarifier les points suivants :

Je suis une journaliste honnête et je n’ai à rougir de rien. Je ne suis pas oaxaquénienne mais je suis mexicaine et tout au long de ma carrière, près de 30 ans dans le milieu journalistique, j’ai toujours fait mon travail avec un grand professionnalisme.

Cela fait quelques mois que je suis à Oaxaca et le climat est très hostile. Je dirige une agence d’informations locale www.adnsureste.info où je donne la parole à tous les courants politiques et sociaux de l’état. De plus, je collabore au niveau national avec plusieurs radios d’informations et j’ai travaillé comme correspondante pour plusieurs agences internationales depuis des années.

Depuis que je suis arrivée à Oaxaca, j’ai tenté d’offrir une tribune à tous les acteurs politiques et sociaux de l’état.

J’ai décidé de lancer mon propre média et j’ai compris que les circonstances demandaient que toutes les voix soient entendues, y compris celles des gouvernements locaux et fédéraux. ADN Sureste a cherché l’équilibre avant tout et pour cela, nous avons été accusés par le gouvernement oaxaquénien d’être en faveur de l’APPO, mais nous avons aussi été signalés par les enseignants comme étant vendus au gouvernement et la même chose s’est passée avec l’APPO. Comme il aurait été facile d’être les porte-parole des uns ou des autres et d’embrasser leur cause. Mais l’indépendance a son coût et il semble que la facture est très élevée.

Narco News Bulletin m’implique dans la mort de Brad Will, l’états-unien qui est mort d’une balle dans la colonia Santa Lucia del Camino. Je déplore son décès comme celui de tous ceux qui sont tombés durant ce conflit, mais je rapporte seulement les faits. Je ne peux pas désigner les auteurs du crime parce que je ne sais pas qui c’est. Je ne les ai pas vus et ça ne m’appartient pas en tant que journaliste de le faire. Ceci est la tâche des autorités. J’ai couvert l’histoire et quand les tirs ont débuté, la seule chose à laquelle j’ai pensé, et je crois que nous l’avons tous fait, a été de courir pour me protéger. Il est très triste que Brad soit mort mais je n’ai pas appuyé sur la gâchette.

Nous, les reporters, qui couvrons les conflits, avons fait la même chose pendant les événements violents, nous courons pour nous protéger, nous sommes humains et nous réagissons de manière naturelle.

Votre média est extrêmement gêné parce que dans nos dépêches sur les adhérents de l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca, nous les appelons « révoltés », « radicaux de gauche » ou « rebelles » car c’est bien la façon dont les agences internationales de presse décrivent une partie des acteurs.

Vous assurez que je déforme la vérité et que je ne colle pas aux canons journalistiques, en plus de me signaler comme étant au « service » d’Ulises Ruiz. Eh bien, je vous demande : m’avez-vous déjà contactée pour entendre mon point de vue ? C’est ce que dictent les canons du journalisme professionnel. Toutes les parties sont entendues. Ce que vous avez écrit sont des mensonges et j’exige désormais que vous prouviez vos affirmations. Ce n’est pas juste que vous ayez créé par la rumeur un climat de lynchage contre moi, comme ces blogs qui ont surgi et dans lesquels on menace de me tuer ou de me découper en pièces, d’aller à l’hôtel où je reste et de me brûler ou de me pendre à un lampadaire. Ceci est le journalisme indépendant que vous pratiquez ici au Mexique ?

Vous m’accusez sans preuve d’être corrompue et c’est grave parce que si vous l’affirmez, vous devez le prouver.

Je suis reporter et je rapporte des faits, je n’ai jamais transgressé la ligne du professionnalisme. Le conflit à Oaxaca est très délicat et vous avez mis un prix sur ma tête.

Je suis respectueuse des journalistes et je ne me mêle jamais des affaires personnelles.

Que chacun agisse en accord avec sa dignité et ses responsabilités. J’envoie ce mail à titre personnel et j’en envoie des copies aux autorités en plus de mes collègues afin qu’ils comprennent le climat de lynchage que vous avez provoqué.

Pour exercer la fonction de journaliste étranger au Mexique, vous devez être accrédité par une série de formalités par la Présidence de la République. J’espère que votre statut face à l’immigration vous permet de pratiquer le journalisme indépendant que vous préconisez.

Si vous devez me contacter, je répondrai avec plaisir et courtoisie et nous nous assiérons afin que vous écoutiez ma version.

En attendant que cela arrive, j’espère que le climat de lynchage ne s’intensifiera pas et que je n’aurai pas à vous recevoir dans un lit d’hôpital.

Cordialement

Rebecca Romero Perez

Narco News répond

Estimada Señora Romero,

Merci pour votre lettre du 7 janvier. Dans celle-ci, vous dites :

« Vous assurez que je déforme la vérité et que je ne colle pas aux canons journalistiques, en plus de me signaler comme étant au « service » d’Ulises Ruiz. Eh bien, je vous demande : m’avez-vous déjà contactée pour entendre mon point de vue ? C’est ce que dictent les canons du journalisme professionnel. Toutes les parties sont entendues. Ce que vous avez écrit sont des mensonges et j’exige désormais que vous prouviez vos affirmations. »

Vous publiez ces mots, entre autres, sur votre site web « ADN Sureste » à côté d’une publicité payée par le « gouvernement de l’état du… Oaxaca » dont le chef est Ulises Ruiz. En tant que directrice générale du site internet, vous êtes la partie responsable et la principale bénéficiaire de ce sponsor. Il est donc vrai que vous êtes dans les faits à son service médiatique et ce, avec beaucoup d’autres « journalistes » pro-gouvernement.

Votre propre défaillance à révéler ce conflit d’intérêt dans vos nombreux reportages de l’Associated Press est une violation très claire d’un des plus importants « canons du journalisme professionnel » : le Code d’Éthique de l’AP Managing Editors Association.

Ceci est une très sérieuse violation. Aussi récemment qu’en 2000, le chef du bureau de l’AP Bolivie, Peter McFarren, a dû démissionner lorsque nous avons démontré son conflit d’intérêt caché avec le gouvernement de Bolivie à travers la fondation qu’il dirigeait. Votre crédibilité et celle de l’Associated Press pour couvrir Oaxaca ont été sérieusement discréditées non par nous, mais par vos propres actions dont il existe des archives publiques.

Donc, señora Romero, nous pensons que vous n’êtes pas honnête lorsque vous dites que nous avons écrit des « mensonges ». Au contraire, ils sont certifiés par le sponsor de votre site web et par le code d’éthique même de l’AP. Nous suggérons que, plutôt que d’essayer de dépeindre nos rapports des faits comme du harcèlement, vous respectiez notre liberté de la presse à dire la vérité et à la documenter. C’est ce que nous avons fait. Pas vous. Nous parlons d’actions. Vous vous plaignez avec des insinuations. Laissez le lecteur décider qui dit la vérité à propos de votre couverture tourmentée et déformée des évènements quant à votre sponsor, le gouvernement de l’état de Oaxaca.

Dans votre lettre et son introduction publiée sur votre site, vous signalez Nancy Davies pour avoir rapporté cette vérité documentée à propos de vos conflits d’éthique. Vous dites :

« Une reporter nommée Nancy Davies assure que je suis corrompue et que je suis employée par Ulises Ruiz avec qui j’ai des relations professionnelles… »

Et vous nous défiez en disant :

« Vous m’accusez sans preuve d’être corrompue et c’est grave parce que si vous l’affirmez, vous devez le prouver. »

Je répète : la preuve est donnée par votre site internet. Accepter le sponsor d’un gouverneur alors qu’on informe sur lui est de la corruption. Cacher cela dans vos articles pour l’AP est une violation de la plus basique éthique journalistique de la transparence. Il est de mon avis que ceci vous corrompt et fait de vous non pas une vraie journaliste, mais plutôt un des nombreux salariés médiatiques d’Ulises Ruiz et de son gouvernement.

Il est aussi important de vous avertir que, bien que vous ayez faussement déclaré que nos articles factuels constituaient une « menace » envers vous ou avaient déclenché un « climat de lynchage » contre vous, vous avez fait plusieurs menaces contre nos reporters dans votre lettre et votre introduction : vous avez appelé vos sponsors et alliés au gouvernement à prendre des mesures contre notre liberté de la presse. Quant à Nancy Davies et sa famille, nous vous tiendrons, vous, Associated Press, ADN Sureste, Ulises Ruiz et son secrétaire (et votre ami) Joaquin Rodriguez Palacios personnellement responsables de toute agression contre eux à partir d’aujourd’hui. Nous vous tiendrons tous responsables nationalement et internationalement. Car pendant que vous consacriez l’année 2006 à déformer l’histoire de Oaxaca, Nancy Davies a publié la vérité et a documenté tout ce qu’elle a écrit, souvent traduite dans parfois sept langues dans le monde entier. Elle possède un grand lectorat et, plus important, un lectorat qui a développé du respect pour elle et l’approche éthique et véridique de ses commentaires pour lesquels elle n’est payée ni par nous ni par personne.

D’un autre côté, nous apprécions la publicité gratuite puisqu’un livre sur l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca, écrit par Nancy Davies, est publié en ce moment même et sera bientôt dans les librairies nationales et internationales via une importante compagnie de distribution de livres. Réfléchissez à cela : n’importe quelle agression, petite ou grande, contre elle ou quiconque en relation avec elle amènera simplement beaucoup plus de monde à chercher et à lire son livre. Merci beaucoup, señora Romero. Nous attendons avec impatience plus de publicité gratuite de votre part (mais nous sommes désolés, contrairement à Ulises Ruiz, nous n’achèterons pas d’espace publicitaire sur votre site pour vous récompenser).

Votre lettre, señora Romero, dit aussi :

« Narco News Bulletin m’implique dans la mort de Brad Will… »

En plus de votre manque d’éthique et de votre incompétence professionnelle, vous n’êtes apparemment pas une très bonne lectrice ni écrivaine. Votre tournure de phrase crée la fausse impression que nous vous aurions accusée d’avoir, comme vous dites, « appuyé sur la gâchette ». Ceci est une baliverne, mais plutôt typique de la façon dont vous « informez ».

Je suis l’auteur de l’unique article que je connaisse sur Narco News qui mentionne à la fois vous et Brad Will. Voici la seule référence à vous dans sa version complète :

« Brad était arrivé à Oaxaca début octobre pour documenter l’histoire que des simulateurs des médias commerciaux comme Rebeca Romero déforment au lieu de les rapporter… »

Je fais référence à vous en tant que « simulatrice des médias commerciaux » qui « déforme au lieu de rapporter ». Rien de cela ne vous « implique dans la mort de Brad Will ». Vous devez être sacrément paranoïaque pour extrapoler une interprétation aussi bizarre.

lVous dites aussi que vous ne savez pas qui l’a assassiné. Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire. Voici la photo publiée par El Universal, entre autres, des hommes qui ont tiré sur M. Will.


Les assassins de Brad Will, identifiés par El Universal : Juan Carlos Soriano Velasco (tee-shirt rouge), un policier connu sous le nom de « la sauterelle » ; Manuel Aguilar (veste sombre), chef du personnel municipal ; et le chef de la sécurité publique, Avel Santiago Zarate (chemise rouge).
Photo: D.R. 2006 El Universal
Puisque vous avez visiblement lu mon article du 27 octobre qui vous mentionne dans la même phrase que M. Will, vous avez aussi vu cette photo. La légende identifie les noms des assassins, tous membres de la machine politique de M. Ulises Ruiz, l’homme avec qui vous prétendez avoir des « relations professionnelles ».

Alors, beaucoup de gens ont été frappés par votre malhonnêteté manifeste quand le 16 novembre vous rapportiez une déclaration – apparemment de la procureure générale du Oaxaca, Lizbeth Caña – disant que ces tireurs n’avaient pas assassiné Brad Will, mais que c’était des membres de l’Assemblée Populaire (APPO) qui l’avait fait. Il s’agit de l’article titré « New Evidence Casts Doubt Over Who Killed US Journalist, Oaxaca Attorney General Says » (« De nouvelles preuves jettent le doute sur qui a tué le journaliste américain, d’après la procureure générale du Oaxaca »). La fausse et bizarre déclaration était :

« Les preuves suggèrent que les manifestants filmés par Will pourraient lui avoir tiré dessus, a dit Caña. »

Cette déclaration a été discréditée par la vidéo filmée par M. Will, par les photos prises par d’autres médias et par tous les témoins oculaires de la scène. Plus tard, le médecin qui a réalisé l’autopsie l’a également discréditée sur la chaîne Televisa. Quant à la procureure, Mme Caña, elle était déjà largement discréditée en tant que protectrice d’Ulises Ruiz. C’était évident pour tout le monde, sauf pour vous, señora Romero, qu’elle cherchait une excuse pour laisser les véritables tueurs, ceux filmés en train de tirer sur M. Will et d’autres personnes – membres de la machine politique de Ruiz et de Caña – libres, ce qu’elle fit peu après votre article fallacieux. Sa façon de gérer l’affaire était si outrancière que le gouvernement fédéral la lui a retirée. Mais vous et l’AP avez décidé de traiter une histoire à l’évidence fausse comme si c’était de la vraie information.

Après que votre article a été si largement discrédité, vous avez beaucoup été critiquée. Voici le premier indice : critiquer les journalistes malhonnêtes ne constitue pas une menace. Les critiques exercent aussi leur droit à la liberté de parole. Les corrections à vos fausses informations ne sont pas non plus des menaces. Ce qui nous amène à la plus absurde de vos affirmations : que Narco News ou moi-même seraient impliqués dans des « blogs » ou avec des individus qui, selon vous, vous menaceraient. Vous en avez cité aucune menace trouvée sur Narco News (ou la Narcosphère, ou salonchigon.com qui sont les seuls sites que nous publions qui informent sur Oaxaca) parce qu’il n’y en a pas eu, pas une seule. Si certaines menaces ont été faites contre vous par d’autres, nous n’en savons rien. Et nous n’avons certainement rien à voir avec elles. Que vous déclariez que nous serions derrière elles est à l’évidence faux : un mensonge pathétique de plus de Rebeca Romero. Ne voyez-vous donc pas que la seule personne qui vous discrédite est vous-même ? Chaque fois que vous inventez des choses pareilles, vous vous discréditez. Que vous ne soyez pas respectée n’est pas notre faute. C’est la vôtre.

Si jamais de telles menaces ont été faites contre vous (une autre preuve de votre incompétence journalistique est que vous ne documentez pas ces déclarations ; un journaliste serait précis et dirait qui, quoi, quand et où cela s’est produit et fournirait le lien vers l’article en ligne. Mais vous balancez des insinuations et vous vous attendez à ce que tout le monde vous croit sur parole). De toutes façons, nous ne croyons pas à la menace de journalistes par la violence ou le tort causé. Nous n’avons rien à voir avec cela. Cela ne nous intéresse pas et vous ne nous intéressez pas beaucoup non plus. Vous êtes juste une parmi les nombreux et médiocres soi-disant journalistes qui à notre avis déshonorent la profession en se vendant à ceux qui sont au pouvoir. Et même si nous ne sommes pas d’accord avec à peu près tout ce que vous faites, nous nous joignons à vous pour dénoncer les menaces dont vous faites l’objet. C’est notre éthique.

Si vous avez vraiment travaillé dans les médias presque 30 ans comme vous le prétendez, alors vous devez savoir que chacun de nous qui exerçons ce métier sommes menacés, encore et toujours, pour beaucoup d’histoires différentes. Ça va avec le travail. Faire du journalisme au Mexique, et surtout à Oaxaca, est dangereux. À Oaxaca, c’est plus dangereux à cause de l’homme avec qui vous avez des « relations professionnelles », Ulises Ruiz. C’est lui et son régime – et pas les autres journalistes – qui ont attaqué physiquement le quotidien Noticias de Oaxaca il y a deux jours maintenant. Ce sont ses alliés politiques qui ont assassiné M. Will et tiré sur un photographe du quotidien Milenio ce même après-midi d’octobre.

Que vous pensiez que vous avez des « relations professionnelles » avec un individu tellement hostile et violent envers la presse est une autre indication de votre participation cachée au conflit. Ulises Ruiz n’a pas de « relations professionnelles » avec les vrais reporters, ceux qui ne le couvrent pas pour son régime répressif. Il n’a de « relations professionnelles » qu’avec ceux qu’il sent qu’il peut contrôler. Et son gouvernement possède un service média pour acheter des espaces publicitaires afin de soutenir ces faux journalistes. Vous êtes l’une d’entre eux. Le fait que le gouvernement d’état sponsorise votre site – et que vous l’autorisiez – est une preuve évidente de cela.

Enfin, vous dites que vous nous signalez aux autorités. Je vous en prie. Prenez un numéro et une place dans la file d’attente. Vous n’êtes pas la première personne qui a essayé de corrompre les officiels ou autres pour nous faire taire et vous ne serez certainement pas la dernière. Si vous êtes suffisamment copine avec les « autorités » que vous citez pour les amener à agir contre nous, ça ne sera pas la première fois non plus. Mais voici une observation qui vous intéressera : chaque fois qu’ils ont essayé de nous faire taire et de nous censurer, ils ont fini par faire un tel bruit qu’ils ont attiré plus de lecteurs et d’attention à l’histoire qu’ils voulaient étouffer : exactement ce que vous avez fait ici. Merci encore. J’attends avec impatience votre prochaine missive.

Quant à votre demande de me rencontrer, je la décline respectueusement. Je veux qu’ici soient les archives de chaque mot échangé entre nous. Aussi, au lieu de cela, je vous invite à communiquer comme vous l’avez fait, par email ou via votre site sponsorisé par le gouvernement. De cette façon, nos lecteurs sont témoins et les échanges sont transparents à 100% : personne ne pourra prétendre plus tard que quelque chose qui a été dit n’a pas été dit.

Vous voyez, señora Romero, je n’ai pas de respect pour vous, en aucune manière. À mon avis, vous êtes corrompue (et vous n’êtes probablement pas chère pour ceux qui vous sponsorisent), vous êtes malhonnête, vous donnez de fausses informations en connaissance de cause, vous ne divulguez votre partialité, vous violez les codes d’éthique du journalisme quand vous cachez vos conflits d’intérêts, vous acceptez des publicités du gouvernement sur lequel vous informez (nous n’acceptons aucune publicité à Narco News, de personne) et vous faites partie des nombreux « journalistes » autoproclamés qui causent la haine du public pour toute la profession.

J’ajouterai que je pense encore que vous êtes incompétente et incapable des tâches les plus basiques que sont rapporter et documenter vos affirmations. Si mon irrespect, ou celui d’un des membres du public que vous attirez, est quelque chose que vous considérez comme une menace contre vous, eh bien, vous êtes aussi paranoïaque, susceptible et incapable de recevoir des critiques comme les authentiques journalistes le font. Encore une fois, je vous remercie pour votre lettre et l’opportunité d’y répondre.

Sincèrement,

Al Giordano
Éditeur
Narco News

Traduit par Caro

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