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Narco News Issue #43

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Les professeurs oaxaquéniens soutiennent l’APPO et la neuvième Mégamarche

La nouvelle marche prouve que le mouvement est vivant ; le gouvernement d’état bloque l’accès aux espaces publics avec des barbelés et des chiens


Par Nancy Davies
Commentaires depuis Oaxaca

5 février 2007

Ulises Ruiz Ortiz (URO) a une loi pour le peuple et une autre pour son gouvernement de Oaxaca. Des partisans de l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO) ont été jetés en prison accusés « d’entraves à la circulation publique » ou d’avoir bloqué l’accès aux voies et aux édifices publics. À maintes reprises, URO a maintenu le zocalo (place centrale) de Oaxaca et la place de l’église Santo Domingo dans l’état de « no man’s land » afin d’empêcher le retour du campement de l’APPO. Le 3 février, il s’est surpassé en érigeant une barrière de grillage, en mettant des chiens d’attaque, des policiers avec des matraques enveloppées dans du barbelé et la présence de 4000 policiers anti-émeute (selon Las Notocias), la plupart à cheval.


D.R. 2006 George Salzman
L’excitation parcourait le sol comme de l’électricité en anticipation de la neuvième Mégamarche prévue pour samedi 3 février, jour désigné pour montrer que l’APPO est vivante et demander le départ d’URO ainsi que la libération des prisonniers politiques. Parmi eux, en prison, se trouve Flavio Sosa, un activiste de l’APPO à haute visibilité.

Une amie est passée jeudi pour m’informer de deux choses importantes : primo, que Molly Ivins était morte, et secundo, que les professeurs s’étaient engagés à participer à la marche. Elle était pressée de me dire que les professeurs, au beau milieu de leur tentative de reconstruction de leur syndicat dégradé, s’étaient réunis et avaient décidé de maintenir leur soutien à l’APPO. Ils iront à la marche malgré la confusion générée par Enrique Rueda Pacheco, qui a déclaré il y a deux mois que les professeurs se détachaient de l’APPO.

Mon amie m’a aussi dit que des tracts annonçant la marche avaient été placés sous les pare-brise des voitures garées dans les rues. Elle s’en était approprié un en se justifiant : « Personne avec une voiture ne va aller à cette marche de toute façon ! ». Mais comment les gens vont-ils en entendre parler autrement ? Pour la plupart, par le bouche-à-oreille. Les gens de Oaxaca réalisent des miracles d’auto-organisation et de diffusion de l’information sans utiliser les médias traditionnels.

Las Noticias a publié un article vendredi citant un porte-parole de l’APPO qui dénonçait les tentatives prévues du gouvernement pour infiltrer la marche avec des provocateurs. En regardant la procession depuis les côtés, j’ai entendu un groupe de jeunes gens crier « Au zocalo ! Au zocalo ! », mais personne ne les a suivis. Du côté gouvernemental, Ulises Ruiz a assuré aux citoyens que la marche pourrait avoir lieu sans intervention gouvernementale, mais il a prévenu que les marcheurs feraient mieux de ne pas créer de problèmes. Pour « réduire » la possibilité de problème, la police anti-émeute était déployée et toutes les entrées du zocalo étaient barricadées. La zone Santo Domingo était gardée par des troupes avec des chiens d’attaques qui ont passé la journée assoupis au soleil.


matraques avec barbelés
D.R. 2006 Chesley Hulsey
Le jour précédent, j’avais parlé avec Fernando, un boulanger fervent partisan de l’APPO. Je lui ai demandé ce qu’il pensait qu’il allait se passer le jour de la marche et s’il y aurait beaucoup de monde. Il a répondu : « Les professeurs vont manifester. Il faudrait qu’il y ait beaucoup de monde ou nous ne sortirons jamais de ce trou. »

Auparavant, la plus grande inquiétude parmi les gens a été l’incertitude entourant la participation de la section 22 du Syndicat National des Travailleurs de l’Éducation (SNTE). Leur assemblée d’état, longuement retardée, s’est finalement tenue en dehors de la ville de Oaxaca, dans la ville de Huahuapan de Leon, sans la présence d’Enrique Rueda Pacheco qui avait été qualifié de traître. (Rueda ne s’est pas montré à la marche pour des « raisons de sécurité ». ) Le 2 février, la section 22 du SNTE a sorti un tract, avec les mêmes déclarations que dans une annonce dans Las Noticias, adressé au public général. Elles sont, en résumé, les suivantes :

1. Les travailleurs de l’éducation n’ont pas renoncé et ne renonceront pas à la lutte pour renvoyer Ulises Ruiz. « Nous n’oublions pas et nous n’oublierons pas les assassinats, la torture, la persécution, les disparitions et les arrestations arbitraires commis contre le peuple de Oaxaca, et en particulier contre les professeurs démocratiques, avec la complicité du gouvernement fédéral. »

2. Les travailleurs de l’éducation sont avec l’APPO jusqu’au bout : « Nous avons aidé à sa construction et nous continuerons à y participer. C’est la plus importante initiative d’organisation pour la lutte de Oaxaca contre le gouvernement dictatorial. »

3. Les travailleurs de l’éducation condamnent Elba Esther Gordillo et Felipe Calderon et l’utilisation de l’argent de l’éducation à des fins d’enrichissement personnel. « Nous n’acceptons pas la formation d’une nouvelle section de professeurs dans le syndicat, conçue pour fracturer le syndicat. »

4. Les travailleurs de l’éducation sont contre les politiques néolibérales, les privatisations, les ajustements de salaire, la réduction des dépenses sociales et la concentration des richesses par un petit nombre. « Nous défendons l’économie populaire et le bien-être économique de tous les Mexicains. »

5. Nous nous conformons aux accords signés avec le gouvernement mais le ministre de l’Intérieur ne le fait pas.

« Face à cette situation, nous, travailleurs de l’éducation, ne pouvons rester les bras croisés. Les professeurs démocratiques sont en lutte ; nous ne nous sommes pas rendus et nous ne nous rendrons pas, et, sur la base d’une politique mature, nous continuerons à nous unir et à nous organiser jusqu’à ce que nous atteignions nos objectifs et ceux du peuple de Oaxaca. »


D.R. 2006 Chesley Hulsey
Je me tenais au coin de la rue pour mesurer la marche des professeurs, étudiants, divers gauchistes, communistes et groupes indigènes ; la manifestation a mis à peu près 25 mn à passer. Ce n’était pas une « mégamarche » selon les standards établis avant les attaques gouvernementales du 25 novembre mais son nombre était respectable (je dirais à peu près 30 000) et elle était vivante. L’excitation était palpable et de nouveaux graffitis ont germé comme des pissenlits sur le gazon et sur les murs fraîchement peints, traitant URO d’assassin. La plupart des banderoles demandaient la « libération de prisonniers politiques » y compris un grand portrait dessiné de Flavio Sosa. Une affiche consistait en la tête d’URO, la tête coupée pissant le sang. Mais la plupart des banderoles demandaient sa démission avec des slogans plus traditionnels « Ya cayo ! » (Il est déjà tombé !) et le toujours populaire « Fuera ! » (Dehors !).

La scène était suffisamment vivante pour m’assurer que l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca n’avait pas disparu. Il est évident que le gouverneur a mal jugé la ténacité du peuple et qu’il maintient fermement la répression.

Puisque que le gouverneur ne fait pas de concessions politiques, les députés et les leaders du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) déclarent qu’ils vont gagner les élections de l’état en août. L’APPO s’est déclarée déterminée à travailler contre la réélection des députés d’état du PRI et les maires du PRI (dont les élections auront lieu en octobre). Selon le porte-parole de l’APPO Florentino Lopez, l’APPO se réserve le droit de soutenir des candidats dans la campagne unitaire anti-PRI sans être elle-même un parti politique.

Il a été suggéré qu’après les élections, l’APPO s’évaporerait ou serait cooptée par les nouveaux députés. Personnellement, je ne pense pas. Il reste à voir comment l’APPO et les professeurs vont s’organiser et se renforcer dans les six prochains mois.

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