<i>"The Name of Our Country is América" - Simon Bolivar</i> The Narco News Bulletin<br><small>Reporting on the War on Drugs and Democracy from Latin America
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Narco News Issue #45

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« Nous avons le même ennemi : le capitalisme et le néolibéralisme qui tentent de s’approprier nos terres. » Commandant Tacho

À la fin de la réunion, les zapatistes ont annoncé la prochaine rencontre dont le thème sera les femmes


Par Juan Trujillo
Spécial pour Narco News Bulletin

2 aoüt 2007

La Realidad, Chiapas, Mexique, 26-28 juillet 2007. Ce soir a vu la fin de la Rencontre des peuples zapatistes et des peuples du monde dans ce caracol « Mère des caracoles de la mer de nos songes » de la zone forêt frontalière. Parmi les miliciens, les bases d’appui, les autorités municipales et le Comité clandestin révolutionnaire indigène (CCRI) – Commandement général de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), les participants nationaux et étrangers ont fait leurs adieux à ce qui fut un échange nourri et, en même temps, une simple exploration de l’autonomie indigène zapatiste, qui se développe de facto dans les cinq caracoles.


Photo: D.R. 2007 Ingrid Fadnes
Durant la clôture, un appel s’est fortement détaché : celui qu’a lancé Everlinda, candidate pour intégrer le CCRI, pour la prochaine rencontre qui se tiendra dans le caracol de La Garrucha les 28, 29, 30 et 31 décembre sur le seul thème des femmes, ce qui sera l’occasion de rendre hommage à feu la commandante Ramona.

Les activités réalisées dans cet espace rebelle se sont tenues à un rythme moins soutenu qu’à Oventik ou Morelia. Dans ce dernier, on avait pu apprécier une plus grande organisation ainsi qu’une participation plus importante des personnes assistant à l’événement. Il y a même eu des moments à La Realidad où beaucoup des dénommés « touristes révolutionnaires » ne s’approchaient même pas pour écouter les intervenants des tables de travail. Ils étaient vaincus par la fatigue et le plein soleil de ces latitudes de la forêt Lacandone. Seuls restaient à écouter les militants et les activistes.

Cependant, les thèmes qui eurent la plus grande importance lors des tables furent ceux des femmes et de la santé. Le premier ressort particulièrement par son avancement, non seulement en termes des infrastructures déployées dans les communes autonomes, mais aussi par la large quantité d’opérations et d’études cliniques médicales. En gros, la médecine zapatiste comprend trois champs : la chiropratique populaire, les soins dentaires et l’herboristerie. Plus particulièrement, la médecine naturelle et l’herboristerie jouissent d’un développement privilégié.

Par ailleurs, le thème des femmes se détachait par l’importance qu’a prise leur lutte dans ce caracol, notamment dans les sphères de l’autogouvernement et de la santé. Le dernier jour de travail, la revendication des femmes zapatistes d’exécuter tout type de travaux administratifs et communautaires a été particulièrement répétée.

Depuis l’après-midi du 28 juillet, une formation militaire avait entamé son déploiement dans les alentours de ce caracol. Les miliciens membres de l’EZLN ratissaient la zone tandis que les participants de la rencontre, militants, travailleurs des médias et quelques « touristes révolutionnaires », mangeaient « un taco ou une patate douce » ou bien se relaxaient simplement à l’ombre.


Photo: D.R. 2007 Ingrid Fadnes
« Nous avons le même ennemi : le capitalisme et le néolibéralisme qui tentent de s’approprier et de nous dépouiller de nos terres, en détruisant nos cultures, en imposant leur culture d’homogénéité. Mais pour nous les zapatistes, ici sur ces terres rebelles, le gouvernement ne commande pas, le néolibéralisme ne commande pas, les capitalistes ne commandent pas. Nos villages se sont organisés, ils ont construit une véritable autonomie pour combattre le plan néolibéral », a affirmé avec force le commandant Tacho au début de la dernière intervention de la clôture.

Entre les applaudissements et l’envie de hausser le ton, il a déclaré que « les zapatistes ont choisi la voie du cheminement continuel, avec pour seul destin de continuer à lutter inlassablement, comme disait le commandant d’Amérique Ernesto Che Guevara : “Si j’avance, suivez-moi. Si je m’arrête, poussez-moi.” »

Avec une voix forte et une grande approbation du public, Tacho a assuré : « Nous allons continuer à lutter avec nos peuples zapatistes, l’Autre Campagne au Mexique et la Sexta international dans le monde. Nous remplissons notre devoir qui est de vivre pour la patrie ou de mourir pour la liberté. »

Pour finir, et de façon à responsabiliser les participants, Tacho a expliqué que : « Au nom de tous et toutes les zapatistes, nous vous demandons de faire parvenir tout ce que vous avez écouté à tous les compañeros qui n’ont pas pu venir, et de continuer à lutter pour construire une grande force dans chaque partie du monde. »

« Là où vivent nos morts, nous regardons »

Et comme l’ombre tant espérée par les participants, « touristes », membres d’organisations politiques et sociales et bases d’appui qui espéraient visiblement sa présence (certains ayant voyagé des heures depuis leur communauté), le sous-commandant Marcos a débuté sa participation en disant : Nos vigilants — ceux qui se chargent de nous orienter, de veiller sur nous — disent que la lune n’est pas plus qu’une ombre et que le soleil, dans son chemin dans le ciel pendant le jour, avance en laissant sa trace de lumière, et que la lune, pendant la nuit, avance comme si la nuit était une grande peau, laissant un appel. Dans ce trajet, c’est comme si la lune avançait en recueillant la lumière laissée par le soleil, et elle se gonfle, elle se remplit de lumière, pour redevenir pleine, pour plus tard se transformer et revenir à l’état d’ombre, et recommencer à entamer son parcours… »

Selon Marcos, cela vient à propos car « là-bas, beaucoup de là-bas se demandent où regardent les zapatistes quand ils disent qu’ils vont faire ce qu’ils vont faire et nos vigilants disent que c’est là où le soleil prend naissance, où la lune débute son long baiser sur la peau de la nuit, à l’est, à l’orient, que vivent nos morts, et c’est là que nous regardons. C’est de là que nous tenons la réponse quand nous demandons ce que nous devons faire, par où nous devons aller, comment doit être notre pas, qui doit être notre compagnie, aux montagnes que nous avons à l’orient, là où la lune entame sa montée, comme si le baiser était sur le point d’atteindre son apogée. »

Du langage poétique à la critique politique, en passant par la revendication et la mission de la lutte qui embrasse également ceux qui sont tombés, Marcos a continué dans une sorte de conclusion qui a été l’annonce d’Everlinda :

« Les grands politiques nous reprochent de ne pas regarder de leur côté, de ne pas nous mettre au service de cette fausse lumière, notre lumière brune, qui non seulement nous persécute, mais qui nous tue, qui nous emprisonne. Nous, nous continuons à regarder vers l’orient, vers les montagnes où vivent nos morts, d’où peut-être maintenant nous regardent la commandante Ramona, le sup Pedro. Ils vont sourire, et nous allons leur sourire, tout en écoutant dans un instant l’annonce que va faire le commandement général de l’EZLN.

» Quand les zapatistes se demandent pourquoi ils font ce qu’ils font, ils se répondent d’un seul coup que ceux à qui nous devons rendre des comptes, ce sont nos morts. Nous avons un devoir envers eux, et nous sommes prêts à nous unir à eux, c’est-à-dire à mourir, pour remplir ce devoir », a conclu le rebelle.

La mission de la parole

Et en tant que membre de la Commission intergalactique, le lieutenant-colonel Moisés a expliqué que ce que les participants internationaux à la rencontre avaient constaté avait été, « ces derniers jours, […] démontré dans les faits et dans la pratique » — se référant explicitement aux exposés sur l’autonomie des délégations des cinq caracoles zapatistes.


Photo: D.R. 2007 Ingrid Fadnes
D’autre part, il a insisté sur l’importance de faire passer la parole et d’informer à l’extérieur du territoire rebelle : « Tout ce que vous avez vu, c’est parce que durant tout le temps vous nous avez entendu, vous nous avez compris, et nous aimerions que vous passiez le message aux compañeros et aux compañeras qui n’ont pas pu venir, que vous avez compris. Ce à quoi vous avez assisté ces jours-ci, c’est grâce à votre soutien, grâce à ce que vous nous avez offert. Ce que nous allons vous donner — nous allons le faire —, c’est de rendre des comptes, d’informer le peuple. »

Et à propos de l’importance de l’autogouvernement et de l’autonomie indigène, Moisés a confirmé qu’« ici le gouvernement ne commande pas, mais ce sont les compañeros et les compañeras zapatistes qui gouvernent. C’est l’idée de ce qui est proposé ici, l’autre manière de gouverner, le peuple devra se tromper… Que ce ne soit pas eux qui décident, que ce soit nous, les pauvres. »

Il est notoire que ce sont les organisations états-uniennes et européennes qui soutiennent solidairement et majoritairement les communautés rebelles à l’aide de ressources économiques et techniques. À ce propos, il a affirmé : « Entre tous, nous voyons le chemin que nous devons construire […] qui est de respecter la manière de chacun. Grâce au soutien solidaire, nous pouvons nous administrer. Nous n’avons pas besoin de ce foutu Calderón, ni non plus de ces types de l’ONU. »

Enfin, il a déclaré que, durant cette deuxième rencontre qui s’est terminée aujourd’hui 28 juillet, « nous reconnaissons qu’il y a eu des ratés, nous savons nous corriger… Le peuple nous corrige. S’organiser, il est plus que le moment… que nous ne nous perdions pas de vue. Être vigilants pour construire ce que nous devons construire. Il faut détruire le capitalisme et le néolibéralisme. Nous allons lentement mais sûrement. » a-t-il conclu.

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