<i>"The Name of Our Country is América" - Simon Bolivar</i> The Narco News Bulletin<br><small>Reporting on the War on Drugs and Democracy from Latin America
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Narco News Issue #46

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Rencontre des Peuples Indigenes d’Amerique

Paroles du SCI Marcos lors de l’ouverture de la rencontre á Vicam, le 11 octobre


Par Armée Zapatiste de Libération Nationale
Enlace Zapatista

12 octobre 2007

PAROLES D’EZLN LORS DE L’INAUGURATION DE LA RENCONTRE CONTINENTALE DES PEUPLES INDIENS D’AMERIQUE

Vicam, Sonora, Mexique, le 11 octobre Octobre 2007.

Frères et sœurs :

Aux autorités et dirigeants de la tribu yaqui.

A travers ma voix parle la voix de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale.

Et de ma voix nous vous saluons, hommes, femmes, enfants et anciens zapatistes, indigènes de racine maya qui vivent et luttent dans les montagnes du Sud-Est mexicain.

Nous saluons les peuples, les nations et les tribus qui sont la racine et le soutien de ce continent.

Nous saluons les nombreuses couleurs que trouve en vous la couleur de la terre.

Nous saluons les peuples indiens du Nord-est du Mexique qui nous accueillent : le Kumiai, le Pai Pai, le Kiliwa, le Cucapa, le Tohono Odham, le Comcaa, le Piman le Mayo Yoreme, le Raramuri, les Guarijio.

Et nous saluons en particulier l’homme et la femme Yaqui qui nous reçoit et dont les terres et les cieux sont le lieu de rencontre des paroles des cultures originaires d’Amérique.

Nous saluons les autorités traditionnelles de Vicam et des autres peuples présents de la tribu Yaqui.

Nous saluons le Congrès national indigène, voix et écoute qui nous convoquent.

Nous saluons les femmes et les hommes du Sonora, du Mexique, d’Amérique, du Monde qui nous aident, nous soutiennent et nous accompagnent.

Se rendre à cette Rencontre des peuples indiens d’Amérique, ce ne sont que des obstacles : les distances, les langues, les frontières, les gouvernements, les mensonges, les persécutions, les morts et les fausses divisions que celui d’en haut nous sont impose.

Et comme tous nos rêves en veille de par l’imposition d’en haut, cela semblait impossible la veille, il y a quelques heures, quelques jours, quelques mois, il y a 515 ans.

Il y a la présence de délégations et de représentations de peuples, de nations et de tribus qui donnent vie à l’Amérique, de l’Alaska à la Patagonie.

De beaucoup d’endroits arrivent l’écoute et la parole.

Tantôt nous écouterons leur chant, tantôt leur silence.

Tantôt nous verrons leur couleur, tantôt leur souvenir.

C’est pourquoi nous saluons ceux qui sont ici présents et ceux qui sont présents sans être ici.

Et nous saluons riches de mémoires et d’histoires.

A l’autre bout de la terre mexicaine, dans les montagnes du Sud-Est, on raconte une légende que lorsque la lune est une ombre que vient juste blesser une égratignure courbe de lumière, une question se dessine dans l’espace que les dieux premiers, ceux qui enfantèrent le monde, ont posé pour que les peaux grandissent dans la caresse qui soulage en fatiguant.

Et la légende raconte que la question se répète sur le toit nocturne des peuples indiens de tout le continent, quand c’est la nouvelle lune sous nos cieux.

La même interrogation apparaît dans le ciel du nord de l’Amérique, en terre HAUDENOSAUNEE, dans celui des nations Mohawk, Oneida, Cayuga, Onodage, Seneca et Tuscarora, sur le TSONERATASEKOWA, le Grand arbre aux feuilles toujours fraîches ; elle passe par la terre du Wayuu et s’étend vers le ciel du Mapuche, à l’extrême sud du continent.

A chaque nouvelle lune, une antique question :

Est-ce qu’il y aura de la vie pour la terre, la mère toute première ?

Et les plus anciens racontent, gardiens de la mémoire, que la réponse n’a pas été créée quand les dieux tout premiers enfantèrent le monde.

Ils racontent qu’ils et elles, les créateurs, la laissèrent comme pièce fondamentale du puzzle du monde.

Ils racontent qu’ils la laissèrent sur le toit de la terre, qu’ils firent en sorte qu’elle apparaisse de tant en tant pour que ne se perde pas la mémoire.

Ensuite survint l’argent, qui envoie á la mort, commander sur ces terres.

Il apporta la destruction et la nomma « modernité ».

Il apporta le vol et la spoliation et les nomma « civilisation ».

Il apporta la contrainte et la nomma « démocratie ».

Car, racontent nos sages, la question n’arrive même pas à se distinguer dans les coupoles de l’argent à Wall Street, ni dans les tours de cristal des grandes entreprises, ni dans les bunkers des mauvais gouvernements qui sévissent sur tout le continent.

Et ils racontent que, pour cette raison, seul les peuples originaires peuvent lire dans le ciel cette question et bien d’autres qu’a laissé le commencement du monde, la marche initiale de la terre.

Depuis lors, racontent nos plus anciens, il y a plusieurs tentatives de réponse, chant, danse, langue, couleur des tissus et des peaux, parole, histoire, culture, mémoire.

Celui d’en haut, le petit chef, l’argent, n’a qu’une réponse, solide comme son compte en banque, luxuriante comme sa convoitise, croissante comme son ambition.

« Non », répond l’argent, « il n’y aura pas de vie pour la terre ».

« Il y aura des affaires » argumente-il pour ne pas dire « il y aura la mort ».

En revanche, dans nos peuples, nos nations et tribus originaires, la réponse est cassée, divisée en plusieurs morceaux, éparpillée dans les calendriers et les géographies, perdue entre les frontières que la mort érige et gouverne.

Il y a 515 ans que le dominateur nous a découverts ennemis parfois, divisés d’autre fois, toujours fragmentés.

Il a conquis alors le sang brisé qui était uni par la terre.

515 ans durant lesquels nos peuples, nations et tribus ont cherché à résister, survivre, lutter.

Ces histoires de douleur et de dignité rebelle vont s’entendre maintenant.

Nous nous ferons tout écoute et parole pour connaître ce que nous sommes et où nous sommes.

Sera nommée la douleur de notre sang et sera nommé le responsable : l’argent.

Sera nommée l’expérience et la sagesse et seront nommés nos peuples.

Seront nommées nos exigences : la justice que nous voulons, la démocratie que nous nécessitons, la liberté que nous méritons.

Sera nommé ce qui nous appartient et qui nous est et a été confisqué.

Vous entendrez nos cœurs et ceux des nôtres.

Nous apprendrons alors, peut-être, que la réponse que la terre, la mère toute première, attend, le « oui » à la vie qu’elle réclame, commencera à se dessiner dans nos cieux quand la réponse sera collective, quand ce continent récupéra la voix qui est aujourd’hui réduite au silence par le feu, l’oubli et le bruit.

La voix toute première, l’originaire, la nôtre.

Alors peut-être, comme la nouvelle lune qui commence aujourd’hui sa course de l’ombre vers la lumière, il commencera à se dessiner chez nos garçons et nos filles la réponse que la vie sera sur leur chemin, sur leur pas, dans leur compagnie.

Pour ce faire, il faudra regarder très loin en arrière, c’est comme cela que les nôtres appellent la mémoire ; il faudra être dignes ici et maintenant, c’est comme cela que les nôtres appellent la rébellion ; et il faudra marcher dans des mondes qui n’existent pas encore mais attendent la main qui les forme, la bouche qui les chante, le pas qui les foule, c’est comme cela que les nôtres appellent la lutte.

Frères et sœurs :

C’est notre décision de taire en cette occasion notre propre histoire comme zapatistes que nous sommes. Nous savons que nos douleurs seront nommées dans les douleurs des autres frères et sœurs indigènes, comme seront nommés aussi nos rêves et nos espoirs et les luttes qui mènent à les rendre réalité.

Aujourd’hui, comme d’autres fois, il nous incombe d’être le pont pour que vos voix passent d’un côté à un autre, pour qu’elles rencontrent une oreille généreuse, pour que leurs couleurs se voient et leurs mémoires se montrent.

C’est ainsi que se sont exprimés nos chefs, les gardiens et les gardiennes.

Que celui-ci et celle-ci parle, que notre cœur écoute.

Que celui-là et celle-là enseignent, que notre cœur apprenne.

Que notre silence soit salut, hommage, respect et gratitude pour ceux qui, du Canada au Chili, nous rappellent qu’il ne nous ont pas vaincus, que la bataille continue et que la victoire sera la vie dans un autre monde, un monde où ont la place tous les mondes que nous sommes et serons.

Qu’il en soit ainsi.

Merci beaucoup.

De Vicam, Sonora, Mexique, continent américain, planète Terre, Système solaire.
Au nom des hommes, femmes, enfants et anciens indigènes zapatistes.

Sous commandant insurgé Marcos
Mexique, octobre 2007

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