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La nouvelle politique de Marcos approche l’état le plus jeune du Mexique: Quintana Roo

« Là où exploitation existe, où l’humiliation existe, où la discrimination existe, vous trouverez aussi un zapatiste »


Par Al Giordano
L’Autre Journalisme avec l’Autre Campagne à Quintana Roo

14 janvier 2006

A la mémoire de la Commandante Ramona

La visite du Sous-Commandant Marcos à l’état de Quintana Roo, prévue pour ce week-end, implique de faire le pèlerinage de la majorité des 800 mille habitants de cette jeune communauté ont réalisé pendant les trois dernières décennies. Cette terre est le foyer ancestral des maya, pêcheurs et paysans, mais c’est aussi une terre de migrants. L’explosion démographique a commencé dans les années 1970, quand le gouvernement nation a décidé de faire devenir une tranquille plantation de noix de coco en la Mecque touristique de Cancun, transformant ainsi Quintana Roo dans le 31éme état de la République Mexicaine.


Du journal Vidéo: Delegate Zero Nears Quintana Roo
Cancún, qui comptait alors avec seulement 173 habitants, accueille aujourd’hui un demi-million d’habitants – et plus de 27 mille chambres d’hôtel. Ces hôtels, restaurants, centres commerciaux et boites de nuit ont été construit par le travail de migrants de tout le sud-est du Mexique. Beaucoup d’entre eux sont partis du même endroit d’où Marcos est parti : il est seulement le dernier pèlerin qui voyage a travers du chaleureux et poussiéreux chemin de Chiapas à Quintana Roo.

Ici, Marcos verra un peu de tout : d’énormes ensembles touristiques à côté des communautés appauvries d’agriculteurs et pêcheurs ; d’élégants immeubles, des balles de golf qui traversent des maisons de brique et des cabanes. Des travailleurs migrants et parents fraîchement arrivés à côté de paysans indigènes maya. D’ambitieux entrepreneurs qui s’affrontent avec les migrants sans terre qui ont dû envahir des terrains pour y construire leurs maisons ; et la beauté naturelle côte à côte la destruction de l’environnement et des gens qui sont dans une lutte franche pour préserver la terre et la plage. Des gens simples et humbles qui luttent, on peut les trouver partout le Mexique, mais ici c’est une province où leur nombre croît tous les jours.

Pendant les quatre jours de visite du Délégué Zéro –à partir de Chetumal, de samedi à mardi prochains-les agriculteurs indigènes maya de Nicolas Braco et d’autres zones vont se présenter, avec les leaders cañeros (producteurs de canne à sucre), pour unir les forces avec l’Autre Campagne Zapatiste. Des travailleurs de la Colonia Colosio, dans la Rivière Maya, demanderont au Délégué Zéro de l’aide dans leur lutte pour protéger leur terre face à une proposition du gouvernement pour les déplacer et y construire pour des riches entrepreneurs. Des jeunes de Cancun lui raconteront aussi leurs problèmes, qui vont des pressions économiques jusqu’aux pressions politiques- et donneront leur soutient pour construire une nouvelle forme de d’action politique dans cette campagne national anticapitaliste que les zapatistes proposent à partir « d’en bas à gauche ». Et éventuellement, se présenteront aussi quelques touristes internationaux pour pouvoir prendre une photo instantané de l’encagoulé Sous-Commandant en criant : « Vivir, delay-gay-to Zee-roh ».

Et même s’il y a certainement des « scènes » à voir tout au long de la route, ce parcours n’a rien d’un Spring Break.

Une terre de migrants

Le paysage de la côte de Quintana Roo invoque les arides histoires dont parlent les romans de John Steinbeck, comme Les Raisins de la colère ou En un combat douteux , à propos du combat de réfugiés déplacés qui migrent vers la terre promise dans la côte et qui devront apprendre à se mobiliser comme travailleurs pour se défendre des abus et injustices. Même si Marcos devra attendre jusqu’en juin pour voir ce genre de choses très annoncées dans les villes de la frontière comme Ciudad Juarez et Tijuana, avec des migrants mexicains qui vivent aux Etats-Unis. Ici à Quintana Roo, il aura un premier aperçu du phénomène de l’exode mexicain.

Ici, le Délégué Zéro rencontrera les centaines de milliers de migrants d’autres provinces du sud-est mexicain qui sont venus de communautés économiquement dévastées dans le Chiapas, Tabasco, Campeche, Yucatan, Veracruz, Oaxaca et tant d’autres, vers la côte, en quête d’opportunités de travail. En effet : alors que la plupart des états mexicains diminuent leur population, Quintana Roo reçoit des nouveaux habitants tous les jours. Beaucoup d’entre eux, comme leurs contreparties qui vont de Californie à New York- assurent la subsistance de leurs familles en leur envoyant leur salaire. Et même ici, dans leur propre pays, ils subissent le même type d’obstacles et répression que leurs frères et sœurs dans le nord du Mexique.

« La vérité c’est que dans ma communauté les salaires sont trop bas, c’est pour ça que nous devons venir ici », a expliqué un travailleurs migrant de Chiapas à l’Autre Journalisme pendant son tour de repos à la Playa del Carmen dimanche dernier. « Je travaille dans la construction. Ici il y a quelques organisation, mais comme nous ne sommes pas d’ici ça ne change rien pour nous. Le chef nous paie, mais sans sécurité sociale, et ils nous paie ce que sa volonté veut bien. Nous travaillons de lundi à samedi, señor. Aujourd’hui c’est mon jour de repos. Mais parfois ils ne prennent pas en compte ça. Pour nous il n’y a pas d’autorité ici. Nous n’avons rien. Señor, je le fais parce que j’ai besoin, parce que je n’ai pas de famille, je fais ce que le Chef me demande. »

Et ce qui demande le chef est construire : le paradis touristique s’étend deux kilomètres au sud de Cancun dans ce que les promoteurs appellent « La Rivière Maya », une côte de mer équipée de complexes touristiques tout compris, des nouveaux hôtels, des parcs thématiques et d’autres attractions touristiques.

« Beaucoup de gens de Cancun travaillent aujourd’hui à la Rivière, alors que l’on envahit les terres indigènes pour y construire des hôtels », signale Mauricio Ocampo Ocampo de la coalition pro-zapatiste de Cancun. « C’est un point stratégique pour le Capital, pour avoir des usines, du travail, de l’eau et des ressources naturelles, ainsi que pour chercher des copyrights sur les plantes médicinales et le savoir-faire local, qui est très riche ».

Le centre de la « Rivière » est la Playa del Carmen, à une heure de route au sud de Cancún. Il y a trente ans c’était une ville de pêcheurs de 1600 habitants. Aujourd’hui, elle en a 143 mille. « On estime que la population arrivera aux 400mille habitants dans cinq ans », avait commenté Julio Macossay, avocat membre du Mouvement Culturel Populaire, qui accueillera le Délégué Zéro le 16 Janvier.

« Les travailleurs de la construction viennent de Campeche, Veracruz, mais surtout du Chiapas. Leurs campements ne comptent pas avec des services sanitaires et les travailleurs vivent dans des maisons improvisées, construites à base de cartons. On les embauche au Chiapas. Ils ne viennent en ville que les samedis, pour faire des courses, envoyer de l’argent à leurs familles et se faire un peu plaisir. La police profite d’eux : si on les trouve un peu souls, on leur prend l’argent qu’ils sont venus envoyer à leurs familles »

Une jeune travailleuse de la colonie Colosio, à Playa del Carmen, raconte à nos correspondants : « Il y a beaucoup de touristes qui viennent ici, les spring-breakers. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, casser des fenêtres par exemple, et personne leur dit rien. Ils viennent, ils paient et la police les protége. Or, nous qui habitons ici, on nous amène un prison pour n’importe quelle petite chose. Nous qui habitons ici, nous n’avons pas de droits, ni en tant que jeunes, ni en tant que travailleurs. »

« Voici ce qui est arrivé à mon fils », raconte une autre femme de la colonie Colosio, où habitent près de la moitié des résidants de Playa del Carmen- « Si les garçons sont en train de boire une bière, on vient les amener au poste. S’ils sont dangereux, par contre, on ne les affronte pas. Mais si la Police voit un pauvre homme soul, on va lui faire donner de l’argent et s’il n’a pas, on l’amène en prison. Mais si c’est un touriste soul, ils le voient autrement, parce qu’ils apportent des dollars ».

Le contraste entre la vie des touristes et des résidents est flagrant, mais c’est devenu aussi dans un cliché superflu manipulé par des journalistes médiocres et assimilés. Ceci a été maintes fois témoigné, comme lors des protestions contre le sommet de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), en 2003. Des militants de partout dans le monde sont venus protester et dépenser leur argent dans l’économie locale… sans laisser des traces autres que n’importe quel autre groupe de touristes.

Cancun et la Rivière Maya sont connus dans les cercles radicaux pour être des lieux banales, très modernes et pas assez mexicains (quoiqu’ils veuillent dire par cette expression) : une sorte de Disneyland en spanglish. En somme, la région ne colle pas avec les préconceptions esthétiques des militants –y compris beaucoup de sympathisants zapatistes dans le monde- sur le que le Mexique devrait avoir.

Mais le Délégué Zéro cherche à trouver une terre fertile et apte à sa mission, au milieu du chaos, l’agitation et le mouvement de changement qui secoue cette région. Cette effervescence contraste avec le statu quo social et politique de Mérida, la capitale du Yucatan, avec ses divines castes, oligarchies, notables catholiques, divisions politiques et d’autres nombreux obstacles pour construire un mouvement unifié (voir « Yucatan, en attendant Marcos » in NarcoNews, 10 Janvier 2006). Pour sa part, Quintana Roo est un état un mouvement, tout sauf statique, avec une forte dose de conscience politique ancrée dans la population, similaire à celle des immigrants mexicains aux Etats-Unis ou à la ville de Mexico, ou à n’importe quel migrant, dans n’importe quel coin du monde.

Zapatisme urbain versus partis politiques

Le boom de la construction dans la Rivière Maya a commencé après le passage de l’ouragan Gilberto en 1998 (le plus fort à avoir touché la côté Atlantique, jusqu’à le passage de ). Ainsi, des entrepreneurs et spéculateurs ont su prendre l’avantage de la reconstruction forcée et les déplacements de populations causés par l’ouragan. Ainsi avait commencé, brique sur brique, la croissance de la Rivière Maya. Des travailleurs du bâtiment sont venus du sud du Mexique, et ils sont nombreux à être restés dans la région : ainsi, au milieu des années 1990, le nombre de migrants sans logis ou sans terre a atteint des proportions critiques.


C’est ainsi que la Colonia Colosio est née, quartier toujours non pavé, qui doit son nom à un candidat à président du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), Luis Donaldo Colosio qui fût assassiné lors d’un meeting de sa campagne électorale à Tijuana en 1994. En avril de 1994, plus de mille travailleurs migrants sont arrivés, encouragés par l’alors gouverneur Mario Villanueva Madrid (membre du PRI, aujourd’hui en prison en attente d’un jugement qui n’arrive pas après quatre ans d’enfermement accusé de trafic de drogues). Ils ont envahi 40 hectares et ont commencé alors à construire leurs maisons. La population de la Colonia a connu une croissance exponentielle pendant la décennie suivant. Avec une population estimée à plus de 700 mille habitants, la Colonia Colosio est « la communauté de majeure croissance [démographique] de toute l’Amérique Latine », d’après Julio Macossay du Mouvement Culture Populaire (MCP) de Playa del Carmen.

Douze ans après l’invasion, les habitants de la Colonia Colosio vivent toujours dans l’incertitude. Même si l’alors gouverneur Villanueva leur avait promis des titres de propriété pour leurs petites parcelles, le gouverneur suivant –Joaquin Hendricks Diaz- a mis en doute les titres de propriété promis. Et les choses sont devenus de plus poussiéreuses et boueuses –comme les rues de la Colonia- avec l’actuel gouverneur, Félix Gonzales Canto : des titres d’authenticité douteuse sont apparus soudainement, au nom de riches entrepreneurs qui réclament le territoire par-dessous les milliers de maisons.

« Les terres ici n’ont pas été légalisées. Ils ne veulent pas nous donner les titres de propriété », a dit un homme au T-shirt estampé Che Guevara à l’équipe vidéo de l’Autre Journalisme. « Le gouvernement n’entretient pas les rues. Il ne fait rien pour le quartier ».

La querelle pour le territoire est l’un des principaux problèmes, et cette querelle tourne autour des hommes politiques et des organisations associées au PRI. « Ce fût une invasion, mais avec le soutient des gens du PRI », raconte une femme, « Je n’ai pas eu de problème avec mon territoire. J’ai suis du PRI depuis toute petite, mes grands-parents et mes parents étaient aussi du PRI. Je suis toujours du PRI, comme si c’était une religion ».

Dans cette communauté bâti à coup durs, il y a des grands entrepreneurs qui jouent du même côté que le gouvernement d’Etat, avec l’intention de expulser les résidents. Certains leaders de la communauté –associés au PRI aussi- dissent qu’ils sont en train de mener une lutte pour protéger les résidents d’un quartier qui fût envahie avec l’aide du PRI, car c’est le même PRI qui lutte pour leur enlever ce qu’il avait donné.

Et aujourd’hui arrive l’Autre Campagne, un effort qui échappe à tous les partis politiques et leurs leaders. Et lundi prochain, l’encagoulé Sous-Commandant, a donné un rendez-vous public, prévu dans l’ensemble sportif central de la colonia Colosio.

La semaine dernière, les organisateurs ont distribué 10 mille posters et flyers pour annoncer l’événement. L’ambiance festive de la communauté laisse prévoir une attention massive. Et l’opinion générale de la communauté sur le visite du Délégué Zéro est très positive.


« C’est très bien qu’il vienne » a dit un homme de la colonia Colosio, « parce que c’est une personne qui ne s’est jamais vendu aux gouvernements, son arrivé est pour moi la meilleure des choses qui pouvait arriver ».

« Il viendra et il sera très bien reçu », nous a dit Ezequiel, un résidant originaire du Chiapas, qui s’est présenté à nous comme le présent de l’Alliance des Travailleurs et Paysans en Solidarité (qui comprend Colosio et Playa del Carmen). Il nous a raconté que, comme de nombreux immigrants, il est arrivé à Quintana Roo après l’éruption du volcan Chichonal en 1982. Lors de notre entretien, qui eût lieu dans une boutique d’animaux et mascottes, Ezequiel a déclaré aussi ne pas appartenir à aucun parti politique. « Il y a beaucoup de gens qui dépendent de moi. Personne ne les a jamais soutenu, ni l’état, ni les gouvernements fédéraux. Beaucoup de paysans dépendent de leur petit morceau de terre, mais sans soutien ils ne peuvent pas y arriver. Qui va les aider ? Le gouvernement de l’état ? Le fédéral? Personne! »

« Il lutte pour une cause et nous devrions le souvenir » dit un autre habitant de Colosio, à propos de la visite de Marcos. « Que ce soit lui, ou [les candidats à président Andrés Manuel Lopez] Obrador, [Roberto] Madrazo, il a le droit de recevoir du soutien. Si a déjà lutte au Chiapas, il a le droit de venir ici ».

« C’est très bien qu’ils [les zapatistes] viennent, parce que ces gens luttent pour le bien des autres personnes, pour le bien-être des gens pauvres », dit Oligario, un autre habitant de la colonia, « Ils ne luttent pas pour les riches. Ils luttent pour les pauvres. Ils ont commencé il y a tellement d’années, je connais leur réalité, je crois que c’est génial qu’ils viennent ici ! »

Le double tranchant de la célébrité

Ainsi, beaucoup d’habitants de Colosio interviewés par l’Autre Journaliste se montrent enthousiastes pour l’arrivée de Marcos. Dans des nombreux cas, comme par ailleurs au Mexique, l’effervescence se transforme en fanatisme, le nom de Marcos prend une forme mystique et le culte à la célébrité se transforme dans un couteau à double tranchant pour le Délégué Zéro : si le rang se grossit, ça distrait parfois l’attention sur le message politique anticapitaliste.

« Quel est votre nom ? – Marcos, je suis votre admiratrice! », s’est écrié une femme de la colonia Colosio, qui affirme aussi –et elle semblait croire vraiment ses mots- que le Délégué Zéro est pratiquement un habitant de la communauté : « Bon, il est très beau. Je le connais personnellement… Il a été dans l’hôtel d’Abby. C’est une bonne personne. Avec des bons sentiments. Ils vient et ils nous guide ».

Dans la même veine, l’ex-propriétaire d’un local dans la côte avait contacté les organisateurs de l’Autre Campagne, insistant pour obtenir un entretien privé avec Marcos. Elle disait le connaître. Comment ? En lui écrivant des lettres d’amour depuis douze ans.

Ici, dans la Rivière Maya, où la vente d’expériences « indigènes » ou « chamaniques » aux touristes avides est l’industrie de métis et étrangers, plusieurs groupes et personnes sont venus demander aux organisateurs de leur permettre de faire des choses comme « Donner à Marcos une purification spirituelle » ou n’importe quel type de rituel. De même, des nombreux propriétaires d’hôtels et restaurants sont venus demander que Marcos se loge et aille manger dans leurs établissements, afin de faire de la publicité. Ici où un tourisme en or émerge, où beaucoup de gens ont des dollars là où ils avaient avant des yeux, ils sont nombreux à voir Marcos seulement comme un autre attraction touristique et une opportunité de faire des affaires. Et pour compléter, un groupe d’écologistes qui désirent que le Délégué Zéro porte une masque de dauphin, pour ainsi adhérer à leur cause et à l’Autre Campagne à Quintana Roo… et qui auront certainement autres caractéristiques que les gens pauvres et humbles que Marcos vient rencontrer.

Personnes humbles et simples qui luttent

Ainsi, ne seront pas rares les gens ordinaires dans leur lutte extraordinaire que le Délégué Zéro rencontrera au long de la côte. Et dans cette région, où une Croix Parlante dans l’ancien centre maya de Chan Santa Cruz –aujourd’hui la commune Felipe Carrillo Puerto, située dans le chemin entre Chetumal et Playa del Carmen- a donné lieu à la Guerre des Castes (mi-XIXe), des nombreuses et vivantes communautés mayas apportent leur parole au Sous-Commandant.

L’archéologue Fernando Cortés de Brasfeder, de l’Autre Campagne à Chetumal, explique à l’Autre Journalisme : « Il y a beaucoup d’enthousiasme que tu ne peux pas voir ici dans la capitale, mais dans les communautés indigènes ils se préparent pour le 15. Ce sera la première fois que nous pourrons voir comment répond le peuple, car a différence des partis politiques, nous ne leur offrons pas des T-shirts, des casquettes ou d’autres choses pour les attirer à venir. »

« Ici cohabitent plusieurs groupes ethniques d’indigènes, arrivés à Quintana Roo dans des époques différentes », explique Cortés, l’un des organisateurs locaux de l’Autre Campagne. « Certains sont arrivés pendant l’époque de Lázaro Cárdenas (1920-1930), à la recherche de terres. Et des milliers sont arrivés à cause de l’ordre du gouvernement de convertir ce territoire en un nouvel état, je crois qu’il y a avait quelque 200 mille résidents ici. Des communautés entières de Chiapas, tout particulièrement le groupe chol, sont ici dans l’attente de l’arrivée [du Sous-Commandant] : chols, tzetzaks, tzotzils et aussi des nahuatls et des totonacos. Quelque douze groupe indigènes au total. Et les métis sont aussi une force. Beaucoup se sont ralliés aux partis politiques, mais il y a des gens de toutes les idéologies qui veulent écouter les paroles du Sous-Commandant. »

Il y a deux points-clé que la visite du Délégué Zéro peut mettre en évidence à Quintana Roo. Le premier point concerne la refus des communautés indigènes de la commercialisation des zones archéologiques. Cortés explique que « un grand nombre de personnes sont en train d’acheter des terres dans les zones archéologiques, y compris des fonctionnaires publiques sont venus les acheter, parce qu’ils savent qu’ici c’est la régions touristique la plus importante, et la deuxième région économique du pays ».

L’autre point « explosif », est dans la frontière avec Belize, le projet déjà planifié pour l’expansion de l’Aéroport International de Chetumal. Il fût construit pendant la deuxième Guerre Mondiale, en même temps qu’un autre aéroport situé dans l’île de Cozumel ; tous les deux conçus comme des bases stratégiques militaires. Les paysans indigènes qui avaient été expropriés de leurs terres n’ont pas reçu un seul centime d’indemnisation. Mais cette fois, le plan du gouvernement pour l’expansion de l’aéroport de Chetumal, en tant que composante du Plan Puebla-Panama (un effort capitaliste pour réussir le contrôle des ressources naturelles et des humains, ainsi comme les routes du commerce en Amérique Centrale et le sud-est mexicain), es reçu avec résistance de la part des communautés indigènes. « Les paysans insistent pour se faire payer un juste prix pour leurs terres, cette fois, ce n’était pas une affaire simple pour l’ancien gouverneur, encore moins pour l’actuel », souligne Cortés.

Chetumal a été pendant longtemps un bastion du PRI, mais « Chetumal est très ému et enthousiaste, tout particulièrement dans les régions mayas, chaque jour les gens sont plus nombreux à arriver pour la visite [du Sous-Commandant Marcos] », déclare Lorena Romano, de l’Autre Campagne locale.

« Ici, les gens se sentent menacés par le PRI, mais même les gens du PRI ont envie de parler avec Marcos. Ils sont intéressés. Nous pensons que sa présence, ainsi que celle de la presse internationale, est très importante. Ça nous aide moralement. Quelques fois nos vies sont menacées. La mienne l’a été. Heureusement la presse a relevé ça, et aujourd’hui il n’y a pas de danger pour nous. La gens s’approchent, apportent de l’eau et de la nourriture, et même les villes dont on n’attendait pas de réponse, nous ont soutenu de la meilleure façon. Ceci est un acte de paix. On devra nous entendre parce que vous êtes là. Votre présence est la plus importante », a expliqué Cortés.

En effet, l’un des impacts possibles de la visite de Marcos dans cette région et ailleurs, sera d’atténuer la peur, comme ce qui est arrivé au Chiapas depuis la rébellion de 1994. Il n’y a pas de limite aux changements que des gens sans peur (ou, selon l’expression de Marcos, qui contrôlent leur peur) peuvent créer.

Cancún, jeune métropole

Après les anciennes communautés indigènes, l’Autre Campagne coutoie aussi les jeunes gens de la jeune métropole de Cancún. Dans le « Rincón Rupestre », un centre culturel délabré construit il y a dix ans dans un quartier populaire de Cancun, l’Autre Journalisme a trouvé une douzaine de membres de l’Autre Campagne travaillant ardemment à dix heures du soir sur les préparatifs de la visite.

« Nous sommes en train d’apprendre à faire de la politique éthiquement, de façon que personne soit leader », explique l’un des coordinateurs de l’Autre Campagne, Mauricio Ocampo Ocampo, aux reporters. « Nous sommes en train d’apprendre à parler, et nous sommes en train d’apprendre à apprendre ».

« Nous habitons un endroit où il y a beaucoup de richesses, mais aussi beaucoup de pauvreté, les salaires sont les plus bas de toute la république », a dit une autre femme.

Une autre question importante ici à Cancun, ainsi qu’à Playa del Carmen, est le traitement inégalitaire de la Loi et la Police contre les habitants.

« Il y a beaucoup de touristes qui viennent ici, les spring-breakers. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, casser des fenêtres par exemple, et personne leur dit rien. Ils viennent, ils paient et la police les protége. Or, nous qui habitons ici, on nous amène un prison pour n’importe quelle petite chose. Nous qui habitons ici, nous n’avons pas de droits, ni en tant que jeunes, ni en tant que travailleurs. »

« Ici à Cancún tout le monde sait où l’on vend des drogues, qui les vend et qui est mêlée à tout ça », raconte une femme, « la police le sait, mais il y a des accords entre eux et les dealers. Tout le monde sait mais personne fait rien ».

« Ici, c’est un paradis pour les pédophiles », dit un autre homme à propos du tourisme pédophile, « ils ont la protection de la police ».

« Après l’ouragan, beaucoup de gens qui habitent dans la régions ont vu leurs maisons s’écouler », dit une jeune femme. « Les partis politiques ont gardé tout l’argent envoyé pour les aider, et maintenant ils sont prêts à nous envoyer des cartons pour réparer les toits, mais c’est en échange de votes ».

Le mécontentement, l’angoisse, la non-conformité, les ressentiments sont, ici à Cancun, l’écho de tous les recoins de la république. Et les jeunes de ce centre, sérieux dans leur effort, ils étudient attentivement les communiqués zapatistes pour apprendre une nouvelle forme d’action politique. Et ils sont aussi mexicains que tous les autres. Parce que le Mexique est aussi Cancun et la Rivière Maya, même si certains mexicains et étrangers ne veuillent pas le reconnaître.

« Là où exploitation existe, où l’humiliation existe, où la discrimination existe, vous trouverez aussi un zapatiste », explique Ocampo.

« Les zapatistes ne sont pas seulement ceux qui sont dans la jungle », dit Cortés sur l’Autre Campagne à Chetumal. « Ils [les zapatistes] sont aussi en chaque personne qui n’a pas un lieu où dormir, rien à manger, rien pour se soigner par soi-même, ils sont aussi des zapatistes. »

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